Car l'occultisme de l'Afrique sur les pages de l'histoire est un génocide intellectuel. Cette marginalisation historique a non seulement effacé les contributions culturelles et spirituelles des civilisations africaines, mais elle a également renforcé des stéréotypes négatifs qui persistent jusqu'à aujourd'hui. En minimisant la richesse des traditions africaines, on prive les générations actuelles et futures de la compréhension profonde de leur identité et de leur patrimoine.
L'heure est à la résistance.
Découvrez nos dernières réalisations

Le Père Noël est Blanc.
L'Imposition des Modèles Culturels Occidentaux
Hormis le fait que la version de l'histoire ne disposent pas aujourd'hui les Africains est celle validée par l'UNESCO, les héros qui y sont enseignés sont ceux qui ont été vaincus, comme Toussaint Louverture, ou ceux qui ont été soumis, tel Léopold Sédar Senghor (il célébrait la civilisation française et les bienfaits de la France tout en persécutant Cheikh Anta Diop pour ses idées panafricanistes et souverainistes). Nulle part il n'est enseigné aux Africains que certains rois se sont opposés à l'esclavage, et que les mêmes techniques de déstabilisation, aujourd'hui employées par des terroristes pour s'attaquer à nos territoires néocolonisés, étaient déjà utilisées à l'époque pour soumettre ces rois. Le Dieu unique et véritable, tel qu'il est perçu aujourd'hui, est celui qui a dominé les peuples par le biais de militaires et de croisades, causant la mort de millions de personnes, indépendamment de leur couleur, à travers le monde entier. Et la langue française soit regardée comme un moyen plutôt que comme une fin : « moyen de se servir des indigènes dans l'administration, le commerce, les exploitations commerciales, minières et forestières. Les centres culturels, la destruction des croyances endogènes, le pillage des objets de culte, et l'intervention des missionnaires, entre autres, constituent les fondements mêmes de la domination culturelle, qui a été le socle de la domination économique et politique. Chaque pièce de la culture est touchée et tâchée. L'autre outil impérialiste à part les religions, est le centre culturel. En effet pendant les invasions coloniales, des milliers d'objets d'art (sacrées). Entre 1885 et 1960, plusieurs milliers d'objets séquestrés et la souveraineté culturelle des africains, déjà hypotéquée par l'histoire de l'esclave, fut enterrée. Et le butin était partagé entre les envahisseurs. La deuxième femme de Mitterrand par exemple, Anne Pingeot était conservatrice au musée d'Orsay. En 2023, le musée d'Orsay faisait un chiffre d'affaires de 14,6 millions d'euros.
À tout celà s'ajoute le rôle des missionnaires. L'arrivée des trois M en Afrique, souvent désignés comme les « M » de la colonisation, se réfère aux concepts de Mission, Marchands et Militaire.
- Mission : La mission fait référence aux efforts des missionnaires européens pour « civiliser » et évangéliser les populations africaines. Les missions chrétiennes ont été établies dans de nombreuses régions d'Afrique dans le but de convertir les africains au christianisme. Cela a souvent été accompagné de l'idée que les cultures africaines étaient inférieures et nécessitaient des réformes. Les missionnaires ont également joué un rôle dans l'éducation et la santé, mais leurs actions ont souvent contribué à la dévaluation des traditions et croyances locales.
Ceci nous rappelle le fameux discours du roi Léopold 2. Le discours du roi Léopold II symbolise parfaitement la brutalité et l'hypocrisie du projet colonial belge. En utilisant la religion comme un outil de domination, ces stratégies ont non seulement permis le pillage des richesses naturelles, mais aussi la destruction des cultures et de l'identité noire. Aujourd'hui, ce texte reste un rappel de la nécessité de reconnaître et de réparer les injustices du passé, tout en construisant un monde où les erreurs de cette époque ne se répètent pas. Car, comme le dit un proverbe africain : « Tant que les lions n'auront pas leurs propres historiens, les récits de chasse glorifieront toujours le chasseur. »
Sa gestion brutale et impitoyable du Congo, cachée derrière un visage d'aide et d'acte civilisateur, alors une propriété personnelle avant de devenir une colonie belge, a laissé des stigmates indélébiles. Ce discours, connu sous le titre de "Discours aux missionnaires"décrit des stratégies pour imposer la domination coloniale sur les Congolais, en exploitant leur foi et leur ignorance. Parmi les passages les plus choquants, il est écrit :
- Enseignez aux nègres à ne jamais se révolter, à supporter tout avec résignation.
- Convertissez toujours les noirs par la douceur, jamais par la force, pour qu'ils restent soumis à nos intérêts. Le but principal de votre mission n'est pas de leur enseigner à connaître Dieu, mais d'exploiter ces noirs.
- Marchand : Le marché représente l'intérêt économique des puissances coloniales pour les ressources africaines.
L'Afrique était perçue comme un continent riche en matières premières, telles que l'or, le diamant, le caoutchouc et bien d'autres ressources naturelles. Les colonisateurs ont établi des systèmes économiques qui exploitaient ces ressources, souvent au détriment des populations locales. Ce désir d'accéder et de contrôler les marchés a été une motivation majeure derrière la colonisation.
Revenons à Léopold II. Il est monté sur le trône belge en 1865 et a rapidement manifesté un intérêt pour l'Afrique, notamment pour le Congo. En 1885, il a établi l'État libre du Congo comme sa possession personnelle, prétendant agir en faveur de la « civilisation » et du « développement » des populations locales. Cependant, son régime a rapidement été caractérisé par des abus massifs. Les efforts de conversion religieuse des Congolais ont été largement soutenus par les missionnaires européens, qui ont souvent accompagné les colonisateurs. Bien que certains missionnaires aient eu des intentions sincères de sauver des âmes, beaucoup ont également collaboré avec le régime colonial pour imposer des valeurs et des croyances occidentales. La conversion des Congolais a souvent été accompagnée de méthodes coercitives. Les missionnaires ont utilisé des stratégies telles que la persuasion, la menace et, dans certains cas, la violence. Cela a entraîné un rejet des croyances traditionnelles et des pratiques culturelles africaines, avec des conséquences durables sur l'identité culturelle des Congolais. Parallèlement aux efforts de conversion, le régime de Léopold II a imposé des systèmes de travail forcé et d'exploitation économique. Les
Les Congolais étaient contraints de travailler dans des plantations, des mines et d'autres industries, souvent dans des conditions inhumaines. Les abus physiques, les mutilations et les exécutions étaient courants pour maintenir le contrôle sur la population. Face à la brutalité du régime colonial et aux tentatives de conversion forcée, de nombreux Congolais ont résisté aux colonisateurs. Des soulèvements et des révoltes ont eu lieu, illustrant le rejet de l'oppression et la défense des cultures et des croyances africaines. La population congolaise fut réduite considérablement.
- Militaire : Le militaire renvoie à l'utilisation de la force et de la violence pour établir et maintenir le contrôle colonial. Les puissances européennes ont souvent utilisé des armées coloniales pour soumettre les populations africaines, écraser les révoltes et établir des administrations coloniales. La supériorité technologique des armées européennes, avec leurs armes à feu avancées, a facilité la conquête de vastes territoires africains. Au sud du Bénin, plus de 40 % de la population fut embauchée de force dans l'armée pour lutter au côté du colon, sans merci.
À la fin de la 1ère guerre mondiale, la France avait des problèmes économiques. À l'assemblée nationale. On pouvait entendre le sénateur M. Cosnier qui se préoccupait, dans son intervention des caractéristiques du système français en procédant à des comparaisons : « Ce qui fait réussir les Anglais, que tous proposent à notre initiative, ce ne sont pas que leurs méthodes de culture, ils ne s'en occupent guère, mais c'est leur politique coloniale, don't un des principes les plus féconds est de rechercher l'appui des missionnaires catholiques. Mêlés à la population, aimés des Noirs pour leur dévouement inlassable, leur donnant eux-mêmes l'exemple du travail, ils obtiennent des résultats que, sans eux, les Anglais n'obtiendraient pas... »
Ou encore Maurice Delafosse : "Il m'apparaît que, parmi les influences que le contact de la civilisation européenne ne peut manquer d'exercer sur les civilisations indigènes, la moins dangereuse et l'une des plus efficaces est l'influence religieuse. "...) Puisqu'une intervention étrangère est en jeu, et que nul ne saurait l'empêcher de se produire, je crois de beaucoup préférable pour les indigènes et pour nous, qu'elle se traduise sous la forme chrétienne plutôt que sous la forme musulmane, et surtout point sous une forme antireligieuse. Il y eut alors une véritable démonisation des croyances locales et une imposition des normes occidentales comme « la vérité ».
L'Afrique est un continent riche en diversité religieuse, avec une majorité de ses dirigeants professant une foi religieuse, que ce soit l'islam ou le christianisme. Cependant, un paradoxe émerge : alors que ces dirigeants sont souvent perçus comme des figures religieuses, leur gouvernance est souvent marquée par l'autoritarisme, la répression et la corruption. examinons ce phénomène en se penchant sur des leaders tels qu'Alassane Ouattara, Paul Biya, Paul Kagame, et Idriss Déby Itno, tout en interrogeant la relation entre la foi religieuse et les pratiques de gouvernance. Les dirigeants comme Ouattara, Biya et Kagame exploitent souvent leur foi pour renforcer leur image publique. Le fait d'être identifié comme un dirigeant religieux peut aider à construire un lien avec le peuple, en projetant une image de moralité et de bienveillance. Par exemple, Paul Biya, en tant que chrétien, a souvent utilisé des références religieuses dans ses discours pour se présenter comme un défenseur des valeurs chrétiennes, tout en poursuivant une politique autoritaire. Ainsi en Côte d'Ivoire sous les yeux du père, l'armée française causa la mort de 3.000 ivoiriens (il faut multiplier par dix les chiffres des journaux pour trouver les chiffres réels en Afrique). Dans certains cas, les dirigeants utilisent les tensions religieuses pour diviser et contrôler. En favorisant un groupe religieux au détriment d'un autre, ils peuvent créer des bases de soutien tout en sapant l'opposition. Cela est particulièrement visible dans des pays comme le Tchad, où Idriss Déby Itno a maintenu un équilibre précaire entre les différentes communautés religieuses pour préserver son pouvoir.
Eh bien à quoi à sert vraiment la civilisation si ce n'est qu'une simple occidentalisation du monde, au profit des saintes corruptions ? Malgré leur affiliation religieuse, ces dirigeants ne reculent pas devant la répression des droits fondamentaux. Par exemple, Paul Kagame, bien qu'il se positionne comme un chrétien, est connu pour sa politique de surveillance et d'écrasement de l'opposition. Les critiques de son régime sont souvent réduits au silence, et les libertés d'expression et de presse sont sévèrement limitées. La corruption est un autre aspect qui contredit les valeurs prônées par ces dirigeants. Les richesses des pays sont souvent détournées au profit d'un petit cercle d'élites, tandis que les populations restent dans la pauvreté. La gestion des ressources naturelles en République Démocratique du Congo, par exemple, montre comment les leaders religieux peuvent être complices d'un système qui exploite les richesses au détriment de leur peuple. De nombreux mouvements sociaux émergent en réponse à la frustration envers des dirigeants qui ne respectent pas leurs promesses religieuses. Des manifestations contre la corruption, la mauvaise gestion et l'autoritarisme se multiplient, tandis que des citoyens, souvent jeunes et instruits, réclament un changement.
En Afrique, il est rare d'entendre un discours politique qui ne fait pas référence à Dieu ou à la foi chrétienne. Les dirigeants invoquent régulièrement la religion pour justifier leurs actions ou apaiser les tensions. Cela place la religion au cœur de la politique. Dans de nombreux pays africains, les décisions politiques sont influencées par des doctrines chrétiennes. Par exemple, des lois sur la moralité, la sexualité ou la famille sont souvent basées sur des interprétations religieuses, au détriment des droits individuels et de la diversité culturelle. Les églises en Afrique ne sont pas seulement des lieux de culte. Elles sont aussi des centres de pouvoir, regroupant des millions de fidèles et exerçant une influence considérable sur les communautés. Les pasteurs et les prêtres sont souvent perçus comme des figures d'autorité, parfois plus respectées que les élus politiques. Les églises jouent un rôle ambivalent dans les conflits africains.
Le génocide rwandais de 1994 reste d'ailleurs l'un des chapitres les plus tragiques de l'histoire contemporaine. En seulement 100 jours, près de 800 000 personnes, principalement des Tutsi, ont été brutalement assassinées par des milices et des civils Hutu. Ce massacre, organisé et orchestré par le régime en place, a mis en lumière non seulement les tensions ethniques profondes du pays, mais aussi l'implication d'institutions influentes, dont l'Église catholique. Loin d'être un simple spectateur et à la surprise du monde entier, l'Église a été accusée d'avoir joué un rôle controversé dans les événements, aussi bien par ses silences que par la participation active de certains de ses membres. Cet article explore cette question complexe et douloureuse. L'Église catholique occupait une place centrale dans la société rwandaise avant le génocide. Introduite par les missionnaires européens à la fin du XIXe siècle, elle s'était profondément enracinée dans la culture et les structures sociales. Au début des années 1990, environ 90 % de la population rwandaise était chrétienne, dont 65 % catholique, ce qui témoignait de son influence omniprésente. L'Église contrôlait de nombreuses écoles, hôpitaux et autres institutions, jouant un rôle clé dans la vie quotidienne des Rwandais. Cependant, cette influence n'était pas exempte de controverses. Pendant la période coloniale belge, l'Église avait contribué à renforcer la division ethnique entre Hutu et Tutsi. Initialement, les missionnaires favorisaient les Tutsi, considérés comme une élite naturelle en raison de théories raciales européennes. Mais dans les années 1950, l'Église changea de position et se rapprocha de la majorité Hutu, soutenant leurs revendications politiques. Ce revirement opportuniste a exacerbé les tensions ethniques et posé les bases des violences futures. Pendant le génocide de 1994, de nombreuses églises, qui auraient dû être des sanctuaires pour les victimes, se sont transformées en lieux de massacre. Des milliers de Tutsi cherchant refuge dans les églises ont été trahis et livrés aux milices Interahamwe. Par exemple, à l'église de Ntarama et à celle de Nyamata, des foules de Tutsi ont été brutalement tuées, parfois avec la coopération directe ou passive des prêtres locaux. Ces lieux sacrés, censés incarner l'espoir et la protection, se sont transformés en champs de mort. Certaines figures religieuses ont été directement impliquées dans les massacres. Des accusations ont été portées contre des prêtres, des évêques et des religieux pour avoir collaboré avec les génocidaires. Par exemple, le prêtre Athanase Seromba a été condamné pour avoir ordonné la destruction de son église avec des réfugiés à l'intérieur. De même, le père Wenceslas Munyeshyaka a été accusé d'avoir livré des Tutsi aux milices et d'avoir collaboré avec les forces génocidaires. Ces actes, commis par ceux qui auraient dû incarner la morale et la protection, ont profondément choqué les survivants et terni l'image de l'Église. Outre les accusations de participation directe, l'Église catholique a également été critiquée pour son silence pendant le génocide. Alors que les massacres s'intensifiaient, les dirigeants religieux, tant au niveau national qu'international, n'ont pas pris position pour dénoncer les atrocités. Ce silence, interprété comme une forme de complicité morale, a renforcé le sentiment d'abandon parmi les victimes et les survivants. Depuis l'époque coloniale, l'Église catholique rwandaise entretenait des relations étroites avec les autorités politiques. Pendant le génocide, ces relations ont poussé certains membres du clergé à soutenir le régime Hutu, par opportunisme ou par crainte de représailles. En soutenant implicitement ou explicitement les forces en place, l'Église a été perçue comme complice des violences. Les leaders politiques et religieux collaborent souvent pour manipuler les croyances des masses. Des thèmes comme « le pouvoir vient de Dieu » ou « les dirigeants sont choisis par le Seigneur » sont utilisés pour justifier des régimes corrompus ou autoritaires. Ce pouvoir immatériel devient ainsi une arme pour maintenir un statu quo favorable aux élites.
Lorsque les gens croient que leur destin est entre les mains de Dieu, ils ont tendance à se déresponsabiliser. Pourquoi agir si Dieu est censé tout arranger ? Cette mentalité freine l'action collective et individuelle, indispensable pour amorcer un véritable changement. Les dirigeants politiques et religieux exploitent souvent cette croyance pour maintenir leur pouvoir. En prêchant la patience et la foi aveugle, ils détournent l'attention des problèmes réels comme la corruption, la mauvaise gouvernance et l'injustice sociale. Pendant que les populations prient, les élites continuent à piller les ressources et à consolider leur position. L'un des principaux problèmes de l'attente d'un miracle est qu'elle crée un cycle d'inaction. Les problèmes restent non résolus, et les générations futures héritent des mêmes défis. Ce cercle vicieux ne peut être brisé que par une prise de conscience collective. Pendant que les populations prient pour un miracle, le temps et les ressources qui pourraient être utilisés pour le développement sont gaspillés. Chaque minute passée à attendre un salut divin est une minute perdue qui aurait pu être utilisée pour bâtir des écoles, des hôpitaux ou des routes. Pour avancer, on doit dépasser l'idée que le développement viendra d'un miracle divin. Au lieu de cela, elle doit adopter une mentalité de progrès, basée sur l'action, la collaboration et l'innovation.
En Afrique, la quête effrénée de miracles dans les églises est devenue une réalité omniprésente. Chaque jour, des millions de fidèles affluent dans des lieux de culte, espérant une intervention divine pour résoudre leurs problèmes. Mais cette obsession pour les miracles n'est pas sans conséquences. Elle a, d'une manière insidieuse, causé autant de ravages que les guerres tribalistes et ethniques en Europe, que l'Histoire a qualifiées de guerres mondiales. Pourquoi une telle comparaison ? Parce que, tout comme ces guerres destructrices, la poursuite des miracles en Afrique engendre des divisions, des abus et un retard dans le développement. Explorons cette problématique en profondeur. L'Afrique est un continent profondément spirituel. Cette foi, bien que noble, est souvent exploitée par des chefs religieux qui promettent des miracles en échange d'argent, de biens ou même de la soumission totale. Ces soi-disant « prophètes » manipulent les espoirs des populations, transformant les églises en entreprises lucratives.
Pour beaucoup d'Africains, la recherche de miracles est une réponse à la pauvreté, au chômage et aux injustices sociales. Lorsque les problèmes semblent insurmontables, il est facile de se tourner vers une solution divine. Mais cette quête aveugle détourne des solutions pratiques, exacerbant les défis existants. On sait que chez Papa Noël, les guerres tribales et ethniques européennes aka guerres mondiales, issues des rivalités entre tribus européennes, ont causé des millions de morts et laissé des traces indélébiles. Ces conflits étaient alimentés par des ambitions de pouvoir, des idéologies destructrices et une absence totale de considération pour les conséquences humaines. Les noirs de tout bord y ont servi de cobaye sans merci. De manière similaire, la quête des miracles en Afrique a causé des ravages : familles ruinées, abus de pouvoir par des dirigeants religieux, exploitation des pauvres et perte de confiance en les solutions humaines. Les conséquences, bien que moins visibles qu'une guerre armée, sont tout aussi destructrices. Les églises qui promettent des miracles deviennent souvent des centres de manipulation. Les fidèles, dans leur désespoir, donnent tout ce qu'ils ont pour recevoir une bénédiction divine. Certains vendent leurs biens, d'autres abandonnent leur famille, espérant un miracle qui n'arrive jamais.
Tout comme les guerres mondiales ont divisé des nations, la poursuite des miracles divise les familles et les communautés. Les tensions surgissent lorsque certains membres croient aveuglément aux promesses des prophètes, tandis que d'autres s'y opposent. Plutôt que d'investir dans l'éducation, la santé ou l'agriculture, des millions de personnes dépensent leur argent dans des promesses vides. Les ressources qui pourraient être utilisées pour le développement sont gaspillées dans des « séminaires miracles », des voyages spirituels et des offrandes excessives. La quête des miracles crée une mentalité de dépendance. Au lieu de chercher des solutions pratiques, les gens espèrent que Dieu ou un prophète résoudra leurs problèmes. Cette inaction freine le progrès et perpétue la pauvreté. Pendant que les fidèles attendent des miracles, les véritables solutions – éducation, innovation, politiques économiques – sont mises de côté. Les pays qui se développent ne comptent pas sur des interventions divines, mais sur des investissements dans l'humain.
Pour en venir aux réalités en Afrique, les salles de cinéma sont vides et les églises pleines. Dans de nombreuses églises africaines, des pratiques douteuses sont courantes : faux miracles, guérisons simulées, et même des abus physiques ou sexuels sous couvert de spiritualité. Ces scandales détruisent des vies et érodent la confiance en la religion. De nombreuses personnes abandonnent les traitements médicaux pour chercher des guérisons miraculeuses. Cette décision, souvent fatale, découle de la croyance que la foi peut remplacer la science. La pauvreté, l'injustice et le manque d'opportunités poussent les gens à chercher une solution rapide. Les miracles offrent une lueur d'espoir dans un contexte où les systèmes politiques et économiques échouent. La colonisation et l'introduction forcée de la religion chrétienne ont ancré une foi aveugle dans les populations. Les missionnaires ont souvent prêché la soumission et l'attente d'un salut divin, laissant un héritage de dépendance spirituelle. Pour mettre fin à cette quête destructrice, il est essentiel d'éduquer les populations sur les dangers de l'exploitation religieuse. Les gens doivent comprendre que le développement passe par l'action, pas par l'attente de miracles.
Les élus africains ne le feront point, car le christianisme en Afrique est un pouvoir politique immatériel, qui joue bien le rôle du contrôle psychologique. Car le christianisme, bien qu'étant une religion, est bien plus qu'une simple foi spirituelle en Afrique. Il s'est imposé comme un pouvoir politique immatériel, influençant les décisions, les comportements et les structures sociales à une échelle impressionnante. Ce pouvoir, subtil mais omniprésent, dépasse de loin le cadre religieux et façonne les politiques, les cultures et les mentalités du continent.
Mais comment le christianisme est-il devenu un tel levier d'influence en Afrique, et quelles en sont les implications ? Revoyons le rôle du christianisme comme un pouvoir politique immatériel en Afrique et ses effets sur les sociétés africaines. La religion chrétienne prêchait souvent l'obéissance, la soumission aux autorités et la patience face aux souffrances terrestres en promettant une récompense dans l'au-delà. Cette doctrine a été exploitée pour maintenir les populations locales sous contrôle, rendant les révoltes moins fréquentes et les peuples plus dociles face à l'injustice. Le christianisme, bien qu'immatériel, exerce une influence profonde sur les décisions politiques et les comportements sociaux en Afrique. Les dirigeants politiques s'associent souvent aux figures religieuses pour légitimer leur autorité.
Une bénédiction d'un chef religieux peut suffire à gagner le soutien populaire.
Page 24
Les roses de Cotonou
1- Adjoua
Dans l’école Sainte Rita 2 à Cotonou, au Bénin, il y avait une femme nommée Adjoua. Elle enseignait la biologie. Adjoua était une femme de la soixantaine, ronde et courte, avec une peau noire et un petit point de beauté sur la joue gauche. Elle ne souriait jamais, ce qui lui donnait un air toujours sérieux et déterminé. Adjoua était très stricte en classe. D’abord, elle s’attaquait à la tricherie. Elle renvoyait immédiatement les tricheurs de la salle, sans aucune hésitation. Et elle leur rappelait chaque jour qu’ils avaient triché pendant les examens, il y a trois ans ou à telle date précise, comme si c’était une marque indélébile sur leur parcours. Même les nouveaux venus connaissaient tous les tricheurs du passé. Elle proposait qu’on les montre au drapeau le lundi matin, afin de les marquer à jamais ; un enfant qui triche sera un policier corrompu. Pour elle, la tricherie était une faiblesse qui affaiblissait non seulement l’élève, mais toute l’Afrique, car cela montrait un manque de confiance en ses propres forces.
Et elle parlait des soins corporels, même si ce n’était pas au programme de biologie. Elle n’aimait pas quand les filles sentaient mauvais, et elle insistait sur l’importance de l’hygiène personnelle. Elle proposait l’alun, une pierre naturelle qu’on ramassait par terre dans certaines régions, très efficace contre les odeurs corporelles. Adjoua expliquait que c’était une solution simple et africaine, venue de la terre même du continent. Pour Adjoua, ces odeurs et ces problèmes étaient des armes que nos oppresseurs des pays riches utilisaient pour nous attaquer, en nous rendant vulnérables et en nous faisant passer pour inférieurs. Et surtout, c’étaient des répercussions des OGM, qui, selon elle, altéraient les corps africains, rendant la peau plus sensible et les odeurs plus persistantes à cause des toxines accumulées.
Le Bénin avait connu des moments difficiles qui n’ont jamais été enseignés dans les écoles. En 1990, le gouvernement de Kérékou était tombé. Cette crise mondiale qui avait engendré le Washington SAP s’était proliféré sur le pays voisin du Nigeria. Les pays occidentaux avaient promis d’aider l’Afrique avec des produits OGM, c’est-à-dire des aliments modifiés en laboratoire. Mais dix ans après, le nombre de cancers en Afrique avait beaucoup augmenté. Il était passé de 0,7 % à 13 % au Bénin d’après certaines études effectuées à Cotonou, dont elle donnait les sources. Adjoua disait que c’était à cause de ces OGM, qui étaient nocifs pour la santé. Elle ajoutait que les résultats des laboratoires africains étaient souvent contestés pour des raisons médiocres, telles que le processus de stérilisation des outils utilisés ou la propreté du laboratoire pas rectiligne, ce qui était faux selon elle. Les résultats des autres continents ne sont jamais remis en cause de la même manière. Elle disait que nous mourions et les causes étaient souvent autres que celles établies par nous-mêmes. Aucun journal scientifique ne les relayait. Nos travaux étaient effectués par des spécialistes qui ont été formés et qui viennent de ces pays-là, mais cela n’empêchait pas les biais géographiques et raciaux dans l’évaluation scientifique. Les OGM sont des organismes génétiquement modifiés, comme des plantes changées par la science pour résister aux insectes ou aux maladies. En Afrique, des pays comme l’Afrique du Sud ou le Burkina Faso les utilisaient pour augmenter la production de nourriture. Mais ces produits étaient dangereux : ils causaient plus de cancers, d’allergies et de problèmes de santé. Par exemple, au Nigeria, 67,46 % des gens pensaient que les OGM étaient nocifs pour la santé humaine, et 52 % les associaient à des allergies et des cancers. Des études montraient que les OGM pouvaient causer des tumeurs cancéreuses chez les animaux. Au Nigeria, il y avait 12 000 décès par cancer du sein en 2018, le taux le plus élevé au monde, lié en partie aux OGM. Des critiques disaient que les OGM endommageaient la fertilité des jeunes et causaient le cancer chez les personnes âgées. Beaucoup de gens en Afrique, comme 70 % dans certaines enquêtes, associaient les OGM à des risques de santé accrus, comme le cancer et l’obésité.
Adjoua marchait dans les rues ensoleillées de Cotonou, qui faisait briller les roses sauvages poussant le long des rues pavées. Elle portait en elle l’histoire d’un continent qui luttait pour sa survie, un continent où les promesses étrangères se transformaient souvent en pièges. Le Bénin, comme tant d’autres pays africains, avait vu arriver ces semences modifiées avec l’espoir de vaincre la faim. Mais au fil des années, les hôpitaux se remplissaient de malades atteints de cancers et d’autres maux inexplicables. Adjoua, une femme simple mais instruite, avait lu des rapports locaux qui montraient une hausse alarmante des cas de cancer, passant de moins de 1 % à plus de 13 % en une décennie au Bénin. Elle en était convaincue : les OGM, ces aliments trafiqués en laboratoire par des compagnies occidentales, étaient la cause principale. Ces produits, conçus pour résister aux insectes ou aux sécheresses, cachaient des dangers invisibles. Des études africaines, menées à
Cotonou, pointaient du doigt les résidus de pesticides plus élevés dans ces cultures, qui s’infiltraient dans la nourriture et attaquaient le corps humain, provoquant des tumeurs, des allergies et même des problèmes de fertilité.
Pourtant, quand les scientifiques africains publiaient leurs résultats, on les contestait pour des raisons absurdes : un outil mal stérilisé, un laboratoire pas assez propre. Adjoua riait amèrement en pensant à cela. Pourquoi les études venant d’Europe ou d’Amérique n’étaient-elles jamais remises en question de la même façon ? C’était clair pour elle : un biais racial et géographique empoisonnait la science mondiale. Les Africains mouraient, mais on attribuait toujours les causes à autre chose : la sainte pauvreté (sans jamais souligner que c’est dû au pillage et au terrorisme fiscal du CFA) le climat, jamais aux produits imposés par l’extérieur. Aucun grand journal scientifique international ne relayait ces travaux africains, même si les chercheurs locaux étaient formés dans les meilleures universités du monde. C’était une forme de silence complice, qui laissait l’Afrique seule face à ses souffrances.
Plus, cette histoire des OGM en Afrique n’est pas juste un problème de santé ; c’est un chapitre de plus dans la longue lutte pour l’indépendance du continent. Les ancêtres comme Kwame Nkrumah ou Thomas Sankara, nous enseigne que l’Afrique doit rejeter les chaînes du néocolonialisme. Les OGM représentent exactement cela : une dépendance forcée aux multinationales étrangères, comme Monsanto ou Bayer, qui contrôlent les semences et obligent les paysans à acheter chaque année de nouvelles graines stériles. Au lieu de renforcer l’autonomie alimentaire, ces produits affaiblissent les économies locales. En Afrique du Sud, au Burkina Faso ou au Nigeria, où les OGM ont été adoptés, on voit une augmentation des cas de cancers et d’autres maladies, comme le montrent des enquêtes locales où plus de 67 % des Nigérians associent les OGM à des risques pour la santé. Mais ce n’est pas seulement une question de chiffres ; c’est une attaque contre la souveraineté africaine. Les pays occidentaux, après avoir pillé les ressources naturelles, imposent maintenant des aliments modifiés qui profitent à leurs entreprises, au détriment de la santé des Africains. Le souverainisme, qui prône l’autodétermination des peuples, nous pousse à voir cela comme une invasion dangereuse et surtout silencieuse.
Pourquoi l’Afrique, riche en terres fertiles et en savoirs traditionnels, devrait-elle dépendre de technologies étrangères qui causent plus de mal que de bien ? Des études montrent que les OGM coïncident avec une hausse des résidus de pesticides, augmentant les risques de diabète et de maladies organiques. Au Nigeria, par exemple, 12 000 femmes meurent chaque année du cancer du sein, un taux parmi les plus élevés au monde, et des voix locales lient cela en partie aux OGM. C’est une forme de terrorisme biologique pur et simple : une guerre menée par des moyens invisibles, où les armes sont des semences empoisonnées, et les victimes sont les peuples africains. Ce terrorisme biologique n’est pas un accident ; il est délibéré, conçu pour affaiblir les nations africaines, réduire leur population active et maintenir une dépendance éternelle. L’Afrique est victime de ce terrorisme, avec des millions de vies perdues ou brisées, et cela continue sous nos yeux. Et que dire des institutions internationales dans tout cela ? Elles sont complices de ce terrorisme biologique. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), par exemple, fondée pour protéger la santé mondiale, semble souvent alignée sur les intérêts des puissances occidentales et des grandes compagnies. L’OMS déclare que les OGM sont sûrs s’ils sont évalués correctement, mais elle ignore ou minimise les études africaines qui montrent des liens avec les cancers et les allergies. Pourquoi ne défend-elle pas plus fermement les recherches locales contre les biais raciaux ? Au lieu de cela, elle promeut des normes qui favorisent les OGM, en partenariat avec des organisations comme l’USAID ou la Banque Mondiale, qui poussent l’Afrique à adopter ces technologies. Des critiques en Afrique révèlent que l’OMS ferme les yeux sur la désinformation et les risques réels, laissant les pays du continent vulnérables. C’est une trahison flagrante :
pendant que des millions d’Africains souffrent et meurent de ces maladies induites, l’OMS priorise les agendas économiques de certains pays, plutôt que la santé des peuples opprimés. Au Bénin et ailleurs, où les taux de cancer montent en flèche selon Adjoua, l’OMS pourrait exiger des enquêtes indépendantes, mais elle reste silencieuse, complice d’un système qui perpétue l’inégalité et le terrorisme biologique.
D’autres institutions comme la FAO ou l’ONU suivent souvent le même chemin, en encourageant l’adoption d’OGM sous prétexte de sécurité alimentaire, tout en ignorant les preuves africaines de leurs dangers. Cette complicité transforme ces organismes en outils du néocolonialisme, permettant aux puissances étrangères de mener leur guerre biologique sans être tenues responsables. De ce pas, l’Afrique doit trouver ses propres solutions, ancrées dans le souverainisme et le panafricanisme. D’abord, interdire les OGM sur le continent, comme l’ont fait des pays comme le Zimbabwe ou l’Algérie, qui résistent à ces importations. Retourner à l’agriculture traditionnelle, en valorisant les semences locales résistantes et adaptées au climat africain. Et en plantant ce que les africains consomment. Les paysans béninois, par exemple, pourraient relancer des cultures comme le fonio ou le manioc non modifié, riches en nutriments et sans pesticides chimiques. Deuxièmement, il faut investir dans une recherche scientifique africaine indépendante : créer des laboratoires panafricains, financés par les africains eux-mêmes (les salaires des députés peuvent être diminués, les sénats budgétivores supprimés, et un seuil pour le salaire des ministres et présidents), pour étudier les vrais impacts des OGM sans biais étrangers. Des initiatives comme celles du Burkina Faso, qui a suspendu le coton OGM pour protéger ses sols, montrent le chemin. Troisièmement, les africains devraient promouvoir l’unité : une politique commune contre les OGM, via des accords régionaux comme la CEDEAO, pour bloquer les importations et soutenir les échanges de semences entre pays africains. Enfin, il faut éduquer les populations : des campagnes locales, en langues africaines, pour sensibiliser aux dangers et aux alternatives. L’Afrique a tout pour être autosuffisante, ses terres, son savoir ancestral, sa résilience. En rejetant les OGM et en dénonçant ce terrorisme biologique avec la complicité des institutions internationales, elle affirme sa souveraineté, protège sa santé et bâtit un avenir uni. Adjoua s’arrêta près d’un manguier à Cotonou. Elle savait que le combat n’était pas fini, mais avec la force de l’unité, l’Afrique pouvait guérir ses blessures et fleurir à nouveau.
L’histoire des OGM montrait comment l’Occident aidait l’Afrique, mais en réalité, ça faisait du mal. En 1990, après la chute de Kérékou, ils avaient envoyé ces produits nocifs. Ça avait augmenté les maladies comme le cancer. C’était comme une attaque biologique : les puissances étrangères utilisaient les OGM pour affaiblir l’Afrique, en rendant les gens malades et dépendants des semences étrangères. Cela continuait le colonialisme, en contrôlant la nourriture et la santé du continent. « Notre continent importe plus que tout autre continent dans le monde ». Du fait du passé, la biologie avait été utilisée contre les Noirs. C’était pendant l’esclavage, avec des maladies inventées pour les Noirs qui essayaient de fuir : la drapétomania, une soi-disant maladie mentale qui poussait les esclaves à s’enfuir, et la dysesthesia aethiopica, qui expliquait leur paresse et leur insensibilité. Pour Adjoua, la science était comme Dieu, elle avait une race parfois, c’est-à-dire qu’elle pouvait être biaisée, polarisée et raciste. Seule la souveraineté sanitaire pouvait résoudre cette affaire, comme avec une organisation africaine de santé telle que l’Africa CDC (Centres africains pour le contrôle et la prévention des maladies), pour que les Africains surveillent eux-mêmes les risques des OGM et protègent leur peuple avec des recherches locales et unies.
Ensuite, elle parlait beaucoup de sa visite au colloque au Sénégal. Elle représentait le Bénin en tant que professeure de biologie, invitée pour discuter de thèmes scientifiques et africains. Le président Abdoulaye Wade serrait la main à tout le monde avec un sourire poli. Sa femme, qui était française, était à côté de lui, et Adjoua la voyait comme une impérialiste. Mais elle avait refusé de serrer la
main d’Adjoua en public, prétextant que les Béninois adoraient le vodou, comme si c’était quelque chose de mauvais et primitif. Adjoua, blessée mais déterminée, avait demandé à parler en privé avec cette femme du président. Loin des caméras et des regards officiels, la conversation avait tourné au vinaigre. Cette femme avait été si irrespectueuse envers Adjoua, lui lançant des mots déplacés au visage, des insultes racistes et méprisantes sur les Africains et leurs traditions. Adjoua racontait qu’elle s’était approchée d’elle pour lui donner une gifle, un geste de colère pure face à l’humiliation, mais les gardes du président l’avaient retenue juste à temps. C’était en 1998 et 2000. Adjoua était traditionaliste, et elle était fière de ses racines africaines. Elle racontait souvent cette histoire à ses élèves, encore et encore, pour leur expliquer sa sévérité et pour leur enseigner la dignité. Un jour, un élève lui avait demandé si cette femme yovo (blanche) aux côtés du président n’était pas un problème, une sorte d’antenne française dans le palais présidentiel, une espionne ou une influenceuse qui maintenait l’Afrique sous contrôle. Adjoua avait hoché la tête gravement, confirmant que c’était exactement cela, et que les Africains devaient se méfier de telles alliances. Les droits individuels accordent à chacun le privilège à chacun de se marier à qui il ou elle veut, mais quand on en vient au sommet de l’Etat, non. C’est une question de souveraineté.
L’Afrique subsaharienne est un endroit riche en cultures et en peuples différents. Mais elle a des problèmes importants en ce qui concerne la façon dont les gens sont représentés en politique et dans les symboles du pouvoir. Un sujet qui fait beaucoup débattre, c’est quand la “première dame” (c’est-à-dire l’épouse du président) est une femme blanche, d’origine européenne ou pas noire africaine, dans un pays où la plupart des gens sont noirs. Cela arrive rarement, mais ça crée des tensions sur l’identité du pays, l’indépendance et l’égalité entre les races. Aucun pays dans le monde n’accepte facilement cette situation sans protestations, parce que ça touche au cœur de qui représente vraiment le peuple. Pendant l’esclavage, la femme noire était complètement effacée : on la traitait comme invisible, sans aucun rôle dans le pouvoir, dominé par les Blancs. Cet effacement a continué pendant la colonisation. Les présidents ou gouverneurs blancs des pays africains avaient tous des femmes blanches. Ces premières dames blanches parlaient au nom des femmes noires, en imposant leurs idées et leurs règles sans tenir compte des vraies vies des Africaines. Par exemple, pendant la colonisation au Dahomey (l’ancien nom du Bénin), les gouverneurs français comme Victor Ballot (lieutenant-gouverneur en 1894) avaient des épouses blanches, comme Madame Ballot, une Française. De même, Charles-Henri-Adrien Noufflard (gouverneur de 1912 à 1919) et Louis Blacher (gouverneur de 1932 à 1933) avaient des épouses françaises blanches, qui représentaient le pouvoir colonial et influençaient les décisions sans lien avec la population locale noire. Aujourd’hui, cette situation est encore d’actualité dans certains pays, où la femme noire reste effacée des plus hauts niveaux du pouvoir. En effet, dans un monde où la femme noire n’occupe presque jamais ce rôle important ailleurs, permettre à une personne extérieure de représenter le pouvoir en Afrique continue de créer un sentiment d’infériorité qui vient de l’histoire. À cela s’ajoutent des soucis de sécurité pour le pays, comme protéger les informations secrètes et les intérêts nationaux. C’est pourquoi la femme africaine doit être représentée telle qu’elle est, parce que les Noirs ont été trop longtemps “représentés” par d’autres, souvent contre leurs propres intérêts.
Dans l’histoire, les premières dames en Afrique subsaharienne ont souvent été des femmes importantes : elles conseillaient, aidaient les gens ou même agissaient en politique sans le dire. Mais quand ce rôle est pris par une femme blanche ou européenne, ça crée des problèmes. Par exemple, en Côte d’Ivoire, Dominique Ouattara, qui vient de France, a été critiquée pour son influence vue comme venant de l’extérieur, même si elle fait du travail humanitaire. Au Gabon, Sylvia Bongo Ondimba, qui a des origines françaises, a été accusée de favoriser sa famille et de se mêler des affaires de l’État, ce qui fait penser qu’elle défend des intérêts étrangers. Au Sénégal, Viviane Wade, l’épouse française de l’ancien président Abdoulaye Wade, a aussi été critiquée pour sembler déconnectée des réalités du pays. En général, la plupart des premières dames africaines viennent de la population noire locale, comme Graça Machel au Mozambique et en Afrique du Sud. Pourtant, avoir une première dame blanche est souvent vu comme un reste du colonialisme : les chefs africains cherchent à se légitimer en se tournant vers l’extérieur. Ça va contre la représentation de la femme noire, qui est encore peu visible aux plus hauts niveaux du pouvoir mondial. L’inverse – une femme noire comme première dame dans un pays non africain – est presque impossible. Par exemple, le prince Albert II de Monaco, qui est devenu chef en 2005, s’est marié en 2011 avec Charlene Wittstock, une nageuse sud-africaine blanche, ce qui montre que même un lien avec l’Afrique reste blanc en Europe. Jamais une femme noire n’occupe ce rôle de façon régulière ailleurs, ce qui rend l’inégalité mondiale encore plus claire. Pour la sécurité des informations et des intérêts du pays, une représentation extérieure comme ça pose des risques : il pourrait y avoir des fuites de secrets ou des influences diplomatiques qui favorisent d’autres pays, parce que les Noirs ont été “représentés” par des forces extérieures pendant des siècles de colonisation et de néocolonialisme.
Les mariages, qu’ils soient intra-raciaux ou inter-raciaux, sont une célébration magnifique de l’humanité dans toute sa diversité. Ils incarnent la beauté pure de l’amour, cet élan du cœur qui transcende les frontières imposées par la société. L’amour n’a pas de limites : il ignore les races, les couleurs de peau, les goûts personnels ou les choix dictés par les traditions. Il est libre, fluide, sans chaînes culturelles ni murs invisibles qui divisent les peuples. Dans un monde idéal, chaque union est un pont jeté entre les âmes, un témoignage vivant que nous sommes tous égaux face à l’émotion la plus profonde. Que l’on choisisse un partenaire de la même origine ou d’un horizon lointain, c’est la connexion authentique qui prime, rappelant que l’humanité est une mosaïque riche et harmonieuse. Toutefois, dans le contexte des nations d’Afrique subsaharienne, une prudence s’impose au sommet de l’État : la Première Dame ne saurait être d’ascendance blanche, rouge, jaune, ni même originaire d’un pays étranger. Cette disposition, loin d’être un préjugé, relève d’une stratégie de souveraineté nationale. En effet, le renseignement constitue l’arme privilégiée des adversaires, et sa maîtrise représente la première ligne de défense pour un État. Au cœur du pouvoir, où les enjeux géopolitiques sont très importants, une telle alliance expose à des vulnérabilités, favorisant des ingérences extérieures. Il s’agit ainsi d’une mesure de sécurité collective, préservant l’intégrité et l’indépendance d’une nation. Si l’amour individuel s’épanouit en toute liberté, le devoir étatique exige ces garde-fous pour le bien commun.
Le problème de sécurité et de souveraineté est central dans cette question des premières dames blanches en Afrique noire. D’abord, pour la sécurité nationale, une première dame d’origine étrangère peut avoir accès à des informations sensibles, comme des secrets d’État, des plans militaires ou des données économiques. Par exemple, elle pourrait, sans le vouloir ou par loyauté envers son pays d’origine, partager ces infos avec des gouvernements extérieurs, comme la France ou d’autres puissances européennes. Cela met en danger la protection des données du pays, surtout dans un monde où les espionnages et les cyberattaques sont courants. En plus, si elle a des liens familiaux ou culturels avec l’étranger, elle pourrait influencer les décisions du président de façon subtile, en favorisant des accords commerciaux ou diplomatiques qui profitent plus à l’extérieur qu’à l’Afrique. Pour la souveraineté, c’est encore plus grave : la souveraineté signifie que le pays contrôle pleinement ses affaires sans ingérence extérieure. Une première dame blanche symbolise souvent une dépendance persistante au colonialisme, car elle représente une élite qui préfère s’allier avec l’Occident plutôt que de promouvoir l’identité africaine. Cela affaiblit l’image du pays aux yeux de sa population, qui voit le pouvoir comme “représenté” par quelqu’un qui ne partage pas leur histoire ou leurs luttes. Historiquement, pendant la colonisation, les épouses blanches des gouverneurs imposaient des normes européennes, effaçant la culture locale et renforçant le contrôle étranger. Aujourd’hui, cela continue sous une forme néocoloniale : les pays africains perdent leur indépendance si leurs leaders choisissent des partenaires qui pourraient prioriser des intérêts extérieurs. Pour protéger la souveraineté, il faut que les rôles clés comme première dame soient occupés par des Africaines noires, qui défendent d’abord les intérêts du continent. Sinon, le pays risque de devenir une marionnette, perdant son droit à l’autodétermination. Une première dame qui n’est pas africaine noire peut, sans le vouloir ou pas, représenter une dépendance continue envers l’Occident, et ça peut mettre en danger l’autonomie du pays. Des études sur les premières dames africaines montrent que leur rôle va plus loin que le symbole : elles touchent à la vraie politique.
Plus, jamais en Afrique un président africain qui a une femme blanche n’a été vraiment nationaliste pour son pays. Leurs politiques sont toujours tournées vers des intérêts extérieurs, comme favoriser des accords avec des pays européens ou des entreprises étrangères, au lieu de défendre d’abord les besoins des Africains. Par exemple, sous Abdoulaye Wade au Sénégal, avec Viviane Wade, les critiques disaient que les décisions penchaient trop vers la France. De même, en Côte d’Ivoire, Dominique Ouattara et son mari Alassane Ouattara sont pour les intérêts occidentaux : Ouattara est vu comme un VIP de la France, soutenu par des leaders français comme Nicolas Sarkozy lors de la crise ivoirienne en 2011, ce qui montre une influence qui aide plus les liens internationaux que le développement local pur. Au Gabon, avec Sylvia Bongo, les accusations de corruption montraient des liens avec des intérêts étrangers. Ça montre un pattern : ces leaders semblent moins engagés pour une Afrique indépendante, et plus pour des alliances qui profitent à l’extérieur. Alors qu’un président français, Charles de Gaulle, disait en 1967 que “Les États n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts”, cela explique pourquoi mieux servir les intérêts français est souvent la priorité dans ces cas. Après son coup d’État contre Hubert Maga le 28 October 1963 au Dahomey (actuel Bénin), le colonel Christophe Soglo, pro-occidental et marié à une Française, cherche à consolider son pouvoir en obtenant la validation de la France, puissance coloniale influente. Pour plaire aux Occidentaux, il adopte une politique étrangère alignée à Paris, multipliant les consultations et visites officielles (comme en 1967). Il exerce des pressions sur le Niger voisin dans le conflit frontalier de l’île de Lété : envoi de troupes, expulsions de Nigériens, et affrontements armés en 1963-1964, aggravant les tensions ethniques et humanitaires. Ce différend fut résolu en 1965. Soglo est finalement renversé en 1967 et s’exile en France.
Adjoua enseignait la biologie pour que ses élèves comprennent ces dangers. Elle leur a bien fait comprendre que seule la science peut protéger l’Afrique. Elle mélangeait les savoirs traditionnels avec la science moderne. Elle le formulait en conseil après les classes pour les volontaires. Elle les rendait fiers de leurs origines et de leurs semblables tout en luttant pour l’indépendance. Adjoua, en tant que traditionaliste, défendait les traditions africaines. Elle était fière de ses traditions et refusait qu’une Occidentale lui définisse son identité. Être traditionaliste, c’était refuser l’impérialisme culturel. Elle racontait ces choses-là pour unir les Africains et les rendre fiers. Comme solution, elle proposait la fierté de sa culture : les Africains devaient célébrer leurs racines, comme le vodou, pour rejeter les jugements extérieurs et bâtir une identité forte et unie.
Adjoua fut envoyée au Sénégal en tant que membre d’une délégation béninoise pour discuter des impacts des OGM sur l’agriculture africaine, un sujet brûlant dans les années 2000 où des multinationales poussaient pour l’adoption de semences modifiées, souvent au détriment des variétés locales. Lors de cette mission, elle raconta avoir été profondément humiliée par Viviane Wade, l’épouse française du président sénégalais Abdoulaye Wade (en poste de 2000 à 2012). Alors qu’Adjoua tendait la main en signe de respect, Viviane Wade refusa ostensiblement de la serrer, murmurant avec dédain : “Ces vendeurs d’esclaves et des idolâtres.” Malgré les exhortations de son mari, qui lui demanda d’être “décente” et de ne pas causer d’incident diplomatique, Adjoua serra les dents et maintint sa dignité, refusant de céder à cette insulte. Déterminée à comprendre les racines de ce mépris, Adjoua chercha activement à parler à la première dame pour éclaircir la situation. Elle finit par la rencontrer, disait-elle, dans un grand salon du palais présidentiel. Leur discussion fut tendue dès les premiers échanges : Adjoua défendit avec passion l’héritage béninois et africain. Elle l’affrontât sur sa mythomanie en lui faisant comprendre que ces allégations n’étaient que les stéréotypes sur la traite des esclaves et les pratiques spirituelles comme le vodou, tandis que Viviane Wade maintenait une posture distante et condescendante. Finalement, excédée, la première dame appela ses gardes pour faire raccompagner Adjoua dehors, mettant abruptement fin à l’entretien sans résolution. Abdoulaye Wade, bien que leader panafricain et promoteur de la Renaissance africaine, avait une épouse d’origine européenne qui, selon Adjoua, incarnait ces préjugés ; elle percevait les Béninois comme inférieurs en raison de leur histoire liée à la traite des esclaves et de leurs pratiques “idolâtres” comme le vodou, stigmatisé par des visions coloniales. Ces stéréotypes vulgaires et mensongers étaient si largement relayés qu’ils avaient même été relayés par l’historien sénégalais Tidiane N’Diaye dans son ouvrage Le Génocide voilé (2008). Pour Adjoua, cette expérience renforçait sa conviction : seule une solidarité culturelle authentique pouvait guérir ces fractures et propulser l’Afrique vers une véritable émancipation.
Dans les rues sableuses de Cotonou, le panafricanisme social se construit pas avec les mots des élites, mais dans la vie de tous les jours. Ces femmes : Mathilde avec sa lutte pour la fluidité identitaire qui change facilement et défie les limites; Modoukpê qui se bat dur pour la justice face à un régime dictatorial et brise les chaînes cachées; Gloria qui s’adapte mal, en changeant de religion et en se mariant juste pour survivre sans travail, face à son père qui reste conservateur; Marie qui découvre un réseau chinois faux, une entreprise qui n’existe que sur papier pour détruire les bases locales, Adjoua qui lutte pour la santé indépendante contre les premières dames blanches qui continuent un nouveau colonialisme caché; Fafa qui dépasse l’injustice économique et l’idée folle qu’un enfant est une récompense pour un homme à qui on doit quelque chose; Ayoko qui met en valeur les livres et l’éducation au Bénin comme des armes contre l’oubli; Maman Gilo qui accepte la polygamie en attendant une institution qui la protège quand elle sera vieille, et enfin M’man et Diane dans leur combat entre suivre les règles et les refuser, agissent, parlent et pleurent , offrant un spectacle de jalousie que la science nous vole peu à peu. Chacune de ces femmes, comme des roses et des épines, ajoute une pierre à la grande montagne de la politique en Afrique de l’Ouest : l’AES qui défie la CEDEAO, comme les deux blocs en Europe qui se sont cassés en 1991, et c’est ainsi que les blocs en Afrique reflètent celles d’ailleurs en silence.
Mes Trois vies
Julien semblait ne pas aimer du tout le mot « panafricanisme ». Pour lui, les panafricains étaient très dangereux, mais lorsqu'on lui posait la question « En quoi le sont-ils ? », il ne pouvait pas
donner de réponse concrète. Cette réticence à discuter du sujet m’a interpellée, car le panafricanisme, loin d'être une menace, vise à unir la communauté noire pour revendiquer une autonomie et une souveraineté nationale. Il considère l’Afrique comme un grand pays, transcendant les frontières qui souvent nous divisent. C’est une vision qui prône la solidarité et l’entraide entre les peuples africains et ceux de la diaspora.
Ce moment important de l’histoire de Haïti, où des Noirs, sans armes, sans bases militaires, sans pouvoir nucléaire et dépossédés de leurs biens, ont compris que seule la lutte libère, est fondamental. La lutte pour la souveraineté a abouti à l’indépendance en 1804 en Haïti, après quatorze années de combats acharnés. Pourtant, cette histoire, qui devrait être
enseignée dans les écoles africaines, est souvent oubliée ou ignorée. À quoi bon cette méconnaissance ? Comprendre ces luttes passées est essentiel pour éclairer notre chemin
vers la liberté et l'autonomie. Après la victoire en Haïti, la société a retracé son passé commun, redécouvrant la base centripète qui lie le bloc communautaire par un lien de sang
commun. Cela a permis de créer une conscience collective, une unité essentielle pour avancer ensemble. En 1900, à Londres, avec Henry Sylvester-Williams, les sages de l'époque ont amorcé une réforme structurelle du pan-négrisme, et c’est ainsi que le mot panafricanisme est né pour la première fois. Ce concept est devenu un appel à l’action pour les peuples noirs du monde entier, un cri de ralliement pour revendiquer leur dignité et leur place dans l’histoire. La souveraineté est désormais perçue comme un trophée que chaque Noir, athlète sur ce terrain de la lutte pour la liberté, doit décrocher. C’est un parcours semé d'embûches, mais qui est essentiel pour forger un avenir où les Noirs peuvent s’épanouir sans entraves. En embrassant cette identité panafricaine, nous pouvons non seulement célébrer notre héritage, mais aussi construire une communauté forte et unie, capable de faire face aux défis du présent et de l’avenir. C’est un devoir que nous avons envers nous- mêmes et envers les générations futures.
On peut reprocher le manque de solidarité entre les Africains, et j'ai appris, par exemple, que certains anti-panafricains sont prêts à collaborer avec la DGSE, le service de renseignement français, pour dénoncer leurs semblables à l’État français. Pour eux, le panafricanisme est perçu comme un danger pour l’Europe, et par hypocrisie, ils disent que c’est un danger pour l’Afrique. Ils estiment que tout va mal à cause de l’Africain lui-même, affirmant que les Africains ne s’aiment pas. Selon eux, la Chine a connu le succès en travaillant dur, et il faudrait en être reconnaissant pour les aides au développement, même si ces aides n'ont jamais permis à un pays de sortir de la misère. Ils soutiennent que le problème est uniquement endogène, et qu'il faut se débarrasser des dirigeants corrompus, tout ira mieux. À leurs yeux, il n'existe pas d'oppresseur exogène, et je pense qu'ils sont spirituellement morts.
Il est essentiel de remettre les choses dans leur contexte. Selon le president Gbagbo, La Françafrique n’est pas une idéologie, mais le produit du pragmatisme et de la raison d’État. Le dogme, c’est l’intérêt supérieur de la France. L’enjeu, celui de conserver son rang parmi les Grands, et sauver la France du déclin. Les moyens : un triple cadenas politique, militaire, et financier. Un chef de l’État aux ordres, bien entouré par les services secrets, la présence d’un contingent militaire permanent, justifié par des accords de défense, et, nec plus ultra, comme un filet invisible, le Franc
CFA (Franc des Colonies Françaises d’Afrique), une monnaie émise en France depuis 1945, garantie pas des réserves stockées à la Banque de France. Une véritable camisole. François-Xavier Verschave dans son livre De la françafrique à la Mafiafrique, dit que la françafrique a quatre raisons. Premièrement, le rang de la France à l’ONU. Ensuite l’accès aux matières premières stratégiques ou juteuse. Troisièmement, le financement de la vie politique française et quatre le rôle de sous-traitance de le France vis-à-vis de l’Amérique. Il ajoute que seulement 10% de la partie de cet « iceberg » est visible. Dans l’empire qui ne veut pas mourir, il est écrit que s’il fallait choisir une image, on pourrait prendre la pièce d’Eugène
Ionesco, Amédée ou Comment s’en débarrasser (1954). L’histoire d’un couple qui vit dans le déni de la présence d’un mort, caché dans la chambre voisine, et atteint d’un étrange syndrome, la « progression géométrique des morts» : le cadavre ne cesse de grandir. Plus le couple tente de se
débarrasser de cette présence, plus celle-ci se fait encombrante, à l’instar de cette Françafrique dont on ne cesse de proclamer la fin. Nonce pensait que seuls les autorités africaines sont responsables du retard de l’Afrique. Non mon mari. Dis moi combine sont détournés en Afrique, je te dirai qui a fait ces voleurs, et pour qui ils travaillent. L’oppression aussi bien exogène qu’exogène se voit, se sent et se dénonce, mais pour ces individus, cela semble n'avoir aucune importance. Leur vision du monde est si déformée qu'ils refusent de reconnaître les injustices systémiques qui persistent, même après des siècles de colonialisme. Ils idolâtrent des figures de colonisateurs noirs, les considérant comme des héros, ce qui montre à quel point leur perception de l’histoire est altérée. Avec une telle mentalité, il est clair que nous n’irons jamais nulle part, car la véritable lutte pour l’émancipation nécessite une compréhensionclaire de nos oppresseurs, qu'ils soient internes ou externes. C’est en réalisant cela que nous pourrons un jour espérer avancer ensemble vers un avenir meilleur. Ces nègres de maison ne font que répéter les propos des oppresseurs légitimes tout en participant naïvement à leur propre braquage. Cette dynamique est particulièrement préoccupante, car elle révèle à quel point les discours dominants peuvent s'infiltrer dans la conscience collective, amenant des individus à se retourner contre leurs propres semblables, je les comprends. Au lieu de s'unir pour défier les systèmes d'oppression, ils deviennent des instruments de leurs propres chaines. Cette réalité est d'autant plus troublante lorsqu'on considère qu'une des raisons pour lesquelles l'Afrique peine à s'affirmer sur la scène mondiale est son manque d'unité. Avec 54 pays, l'Afrique est fragmentée. En revanche, la Chine, avec une population similaire, fonctionne
sous un seul président, ce qui lui permet de mobiliser des ressources et de prendre des décisions stratégiques de manière efficace.
Le deuxième point à souligner est que la corruption, bien que particulièrement visible en Afrique, n'est pas l'apanage du continent. Elle est un fléau mondial. Prenons l'exemple des
États-Unis, où en 2022, Daniel Tisone a détourné 2,6 millions de dollars destinés à l'aide pour la Covid-19. Ce détournement est d'autant plus choquant que les États-Unis étaient l'un des pays les plus touchés par la pandémie. En tant que CNA à l’époque et ayant pris soin des malades, j'ai été témoin de la souffrance et de la mort des enfants même, et il est déconcertant de voir des fonds destinés à sauver des vies être ainsi détournés. Cela démontre que la corruption peut exister même dans les systèmes les plus développés, et il est hypocrite de stigmatiser un continent tout en fermant les yeux sur des pratiques similaires ailleurs. En Europe, les scandales de corruption ne sont pas rares non plus. Le scandale de Qatargate
a mis en lumière l'implication des élites du Maroc, du Qatar et même de l'Union Européenne elle-même. Selon Politico, des fonctionnaires parlementaires européens agissaient en tant que lobbyistes, tandis que d'autres pays, comme le Maroc et la
Mauritanie, se livraient à des pratiques de corruption et de blanchiment d'argent. Étonnamment, l'office de lutte anti-fraude de la France (OLAF) est resté silencieux face à ces révélations. Ce silence indique une complicité ou un confort
avec un système corrompu qui ne fait qu'alimenter le cycle de l'oppression.
Troisièmement, en 2017, les transferts de fonds de la diaspora africaine ont atteint 65 milliards de dollars, un record qui a suscité des débats sur les chaînes européennes. Ironiquement, alors que cette somme colossale était générée, la situation des Noirs en Afrique et ailleurs ne cessait de se détériorer. Les tragédies des bateaux et zodiaques qui
disparaissent dans la Méditerranée (j’appelle cela le génocide méditerranéen), alors que les services de secours semblent faire la sourde oreille, sont une illustration tragique de l'indifférence envers la souffrance humaine. Des vies sont perdues, des familles sont brisées, et pourtant, ces réalités sont souvent ignorées par ceux qui détiennent le pouvoir. La situation en Libye est particulièrement alarmante. La reprise de la vente d'esclaves, où un noir peut être vendu pour 320 euros et une femme pour 1000 euros, est une régression inacceptable. En quoi avons-nous avancé ? Ces informations ne sont jamais relayées aux chefs coutumiers, laissant les populations vulnérables dans l'ignorance. Ce manque de communication est un échec systémique qui doit être corrigé. Les corps de ceux qui périssent en mer ne sont jamais réclamés par nos autorités ( qui travaillent pour l’occident ), ajoutant une couche tragique à la crise des migrants. Un chef manipulé, que peut-il dire devant ses maîtres qui investissent jusqu’à un milliard d’euros pour empêcher l’arrivée des Noirs sur leurs terres ? Cette même somme pourrait pourtant construire 100 hôpitaux, ou 50 universités, ou financer des centaines de projets de ces milliers de jeunes qui n’ont que la mediterranée comme solution. Imaginez les opportunités qui pourraient émerger si ces fonds étaient utilisés pour améliorer la qualité de vie des jeunes. Au lieu de cela, ces ressources sont gaspillées pour maintenir un statu quo oppressif. Les jeunes, qui devraient être l'avenir de l'Afrique, se font tirer dessus lorsqu'ils osent lever le petit doigt. Ou ils sont enfermés ; ce qui salit leur casier judiciaire et les empêche d’aller faire les rangs à l’ambassade. Ils n’ont plus qu’un seul choix : partir clandestinement. Je les ai vu dans les rues de paris et de Lilles. Je les ai vu même parler ma langue. Je les ai vu puer de l’urine et de ce que tu peux penser.
Trop souvent, les discours des oppresseurs trouvent un écho chez les noirs eux-mêmes, alimentant des mentalités qui les maintiennent dans l'oppression. En apprenant à nous valoriser et à reconnaître notre potentiel collectif, nous pouvons commencer à renverser la dynamique actuelle. La lutte pour la souveraineté et la dignité doit être au cœur de notre démarche, car c'est seulement en unissant nos forces que nous pourrons bâtir un avenir où chaque Africain peut prospérer. À travers ces réflexions, il devient évident que le changement est urgent.
AA Au Bénin, Mathieu Kerekou a renversé un système profondement neocolonialiste et a installé le communisme. Le splus grandes infrastructures, les stades, l’etoile rouge, les plus grandes places publiques de toute l’histoire du pays poussèrent à cette époque. Omar Bongo, alors agent français, servait de base arrière pour déstabiliser le régime. Bob Denard et ses hommes engagèrent dans un coup d’état contre le régime de Kerekou. Les radios sillonnèrent et alertaient tous les béninois de sortir et de s’armer contre les mercenaires français, marocains, ivoiriens et gabonais, comme un seul peuple. Le coup d’Etat fut manqué. Bob Denard et ses hommes prirent la fuite du Bénin, et allèrent tenter le suivant aux Comores. Il y eut le Congrès de La Baule en 1990. François Mitterand engageait les chefs d’états africains à instaurer plus de démocratie dans leurs gouvernements et à adopter le multipartisme. Nicéphore Soglo, le produit des institutions de Bretton Woods, fut envoyé par le Quai d’Orsay pour reprendre le pouvoir, afin de rétablir l’ordre néocolonialiste.
Au Burkina Faso, Thomas Sankara fit un coup d’état en 1982 et en seulement quatre ans, sort son pays de l’insécurité alimentaire. Depuis tout petit, il arrachait les drapeaux étrangers de son pays, et les remplaçait par des drapeaux qu’il baptisait drapeaux burkinabais. Président, il appela à une Afrique fédérée, et a une lutte contre les dettes imaginaires. Il mit fin à la corruption, il avait réduit le train de vie de ses ministres, divisé son propre salaire par deux, organisait avec son peuple des tribunaux populaires pour juger les corrompus, doubla la production agricole. Il était critiqué, et finit assassiné en 1987. Son assassin, Blaise Compaoré, son meilleur ami, vit aujourd’hui en côte d’ivoire, protégé par le VIP de la France, Alassane Dramane Ouattara.
Elf, l’instrument number one de la françafrique, qui est aujourd’hui Total d’ailleurs, finança le gouvernement angolais en echange de son intervention militaire en faveur de Denis Sassou N’Guesso en échange du pétrole, selon Pierre Douat. Il reprit ainsi le pouvoir par une guerre qui fit quelques milliers de morts. C’était au Congo Brazzaville en 1993.
En RDC, sous l’œil impuissant de l’Afrique entière depuis trente ans, L’Union Européenne savait très bien ce qui se passait a l’Est du Congo selon Marc Botenga. D’une part dénonce le pillage des ressources du pays par le Rwanda, et d’autre part signe des accords avec le Rwanda pour l’exportation des ressources. En 2024, selon Africa News, rwanda devenait le meilleur exportateur de Coltan au monde en avoir une goutte sur son sol. En Afrique, les matières premières comptent bien plus que les droits humains.
Cependant, lorsqu'il s'agit de la Grande Loge Nationale Française (GNLF), je me dois de m'élever contre cette réalité. Les vidéos diffusées à la télévision africaine montrent
clairement pourquoi certains de nos dirigeants préfèrent servir les intérêts européens plutôt que ceux de leur propre peuple.
Lors de leur initiation, ces dirigeants prêtent un serment de loyauté envers leur loge maçonnique, plaçant ainsi les intérêts de celle-ci au-dessus de ceux de leur pays. Ce geste
symbolique, où ils se passent la main sur le cou pour signifier que la trahison entraînerait leur mort, est révélateur d'un engagement troublant envers des forces étrangères. Cette
situation est d'autant plus inquiétante qu'elle reste souvent cachée dans le silence, tandis que les populations sont laissées dans l'ignorance. Les anglo-saxons ont ainsi réussi à infiltrer l'économie des pays francophones, où ils ont implanté ces loges secrètes. Cela représente une forme de colonisation spirituelle, économique et militaire, un mélange détonnant qui s'opère en toute discrétion. Ce phénomène est comparable à un tir à trois points à une seconde de la fin d'un match, alors
que le score est déjà en défaveur de l'Afrique, qui porte le lourd héritage de 1400 ans d’esclavage. Si parler de ces réalités est perçu comme de la victimisation, alors qu’est-ce que cela signifieréellement de dénoncer? Cette question est cruciale, car elle met en lumière les risques encourus par ceux qui osent se lever contre l'injustice. Il est triste de constater que, dans de
nombreux cas, ceux qui prennent la parole pour dénoncer ces abus se retrouvent souvent confrontés à des conséquences graves, y compris des peines de prison.
On se souvient tous de la Côte d’Ivoire en 2004, une période marquée par des tensions politiques et sociales qui ont profondément affecté le pays. En 2011, à l’issu des élections que Gbagbo avait gagnées, l’opposant Alassane Dramane Ouattara (qui doit tout à la France) accède au pouvoir après une longue tension. Les témoignages effroyables des têtes humaines servant de ballon de football. Au total, 3000 morts, et Gbagbo le gagnant est emprisonné.
En France, la situation carcérale présente un tableau tout aussi préoccupant. Selon Le Figaro, le nombre de détenus en
milieu carcéral était de 17 198 au premier mars 2022. Sur ce total, 9 793 détenus venaient d'Afrique, et parmi eux, 3 472 étaient algériens, 1 117 tunisiens, tandis que les 5 204 restants provenaient des 52 autres pays d’Afrique. Cela souligne une réalité complexe : les populations africaines en France sont souvent confrontées à des stéréotypes négatifs, malgré leurs efforts pour s’intégrer et contribuer à la société.
Les chiffres révèlent que les Noirs en France s'élèvent à plus de 7 millions cette année-là, ce qui démontre qu'ils fournissent des efforts considérables pour s'établir dans un contexte parfois
hostile. Les nègres de maison devraient donc comprendre que leur communauté n’est pas la pire au monde, et qu'une désolidarisation en espérant que les autorités manipulées
changent d'elles-mêmes est une illusion. La véritable liberté ne s'obtient pas en se repliant sur soi-même, mais plutôt par la lutte désintéressée pour l'égalité et la justice. C'est en
unissant nos forces et en revendiquant nos droits que nous pouvons espérer un changement durable et significatif.
Voici un tableau que j’ai conçu en me basant sur les données de l’ONU et du Département de Recherche Statista raportant le nombre de morts depuis 2016 à 2023. J’ai fait une mise à
jour car ce jour les résultats de 2022 et 2023 n’étaient pas encore disponibles.
Années
Chiffres
2016---1831
2017---1740
2018---1608
2019---1912
2020---2016
2021---3077
2022---2293
2023---2498
Total---16.147
Nonce resta bouche bée, conscient que, pour lui, une révolution en Afrique est nécessaire, mais il se sentait impuissant à provoquer ce changement. Julien, quant à lui, persistait à douter des chiffres, remettant en question même les données fournies par la Banque mondiale et Statista. Cette attitude de scepticisme me laissait perplexe, car je n'étais pas prête à accepter cette autoflagellation collective. Aujourd'hui, avec le recul, j'aurais eu bien plus à dire sur la nécessité d'une prise de conscience et d'une action collective pour faire face à nos défis, plutôt que de se complaire dans le doute et l'inaction.
Bien des gens sont conscients de la réalité qui entoure l'Afrique, mais rares sont ceux qui osent aborder le sujet des sociétés et relations occultes qui infestent le continent et sa communauté. Ces groupes, souvent invisibles, agissent comme des forces exogènes empoisonnantes, créant des plaies qui perpétuent la françafrique. Les conséquences de cette ingérence sont profondes et souvent dévastatrices pour les populations locales.
Notre causerie fut soudainement interrompue par un appel de la blanche noire. Nous avons pris un taxi pour l’hôtel, et pour une fois, nous n'avons pas demandé pardon au chauffeur,
un petit acte de rébellion qui nous a fait sourire. Le lendemain, nous avons pris l'avion pour Paris Orly, un vol qui n'a duré que deux heures. À notre arrivée, nous nous sommes assis sur
nos valises, attendant le bus de seize heures, mais il était déjà vingt-trois heures. À la station, quatre femmes congolaises prêchaient Jésus, le sauveur, mais je n'étais pas d'humeur à ressusciter cette nuit-là. L'attente se prolongeait, et l’impatience grandissait. Enfin, le bus est arrivé vers vingt et une heure trente minutes, et nous avons monté à bord, tous les quatre, et le bébé, direction la banlieue. À notre arrivée, mon mari était choqué par l'état del'endroit. Julien a demandé comment elle pouvait louer un appartement dans la D9. Elle a
expliqué que c'était une auberge et que l'intérieur était joli. Cependant, le portail était déjà au sol, et la musique assourdissante des voisins résonnait dans la nuit noire. L'air était chargé de fumée, et les murs étaient fissurés, couverts de plantes grimpantes. Nous avions tous faim, mais un autre sentiment m'envahissait : la rage. J'ai murmuré à Lily : « On ne va tout de même pas passer la nuit ici». En franchissant cette ligne rouge, la blanche noire m'a répondu d'un ton agressif que j'irais dormir où je voulais. Son mari, prêt à défendre ma cause, s'est vu couper l'herbe sous le pied lorsqu'elle lui a rappelé qu'il n'avait rien investi dans cette situation. Après avoir pris le
contrôle de la conversation, elle nous a conduits dans la cave. Les nouveaux carreaux et meubles brillaient, mais je m'en moquais. J'ai rétorqué avec véhémence : « Tu n’as pas
honte de mettre cinq vies en danger? » Je pouvais arracher la fenêtre d’un doigt. La seule porte du salon se fermait à quatre tours de clé, mais elle était aussi fissurée. Et pour
couronner le tout, il n'y avait pas Internet. Un sentiment d'angoisse s'est installé, mêlé à une colère sourde face à cette situation inacceptable. Cerise sur le gâteau, les services des restaurants refusèrent tous de nous apporter à manger.
Face à cette situation inacceptable, je me suis retournée pour regarder mon mari, qui était assis là, pensif. Ne pouvant plus me retenir, j'ai explosé de colère. « Shut up damn! On ne
parle pas comme ça à ses aînés. Nos vies sont dans une cabane sans porte à minuit, et tu oses lever le ton sur nous. Ton orgueil te perdra ! » C’était Paris gagné pour moi. J'avais vidé
mon cœur et, par ce cri de désespoir, nous nous sommes compris. Je ne suis pas intégrationniste ni économiste. Maintenant elle cherche “la rallonge” pour charger son téléphone à marque inconnue. J’avais envie de crier avec fermeté: « Si tu rejettes notre hiérarchie au profit de ceux qui ne nous ressemblent pas, tu t’assimiles à eux, ». Je ne pouvais pas oublier que tous les élites qui parlaient en gros francs étaient souvent les plus vendus, des figures comme Senghor (qui célébraient la France et ses bienfaits) ou
Houphouët. « Je ne dormirai jamais dans cet endroit. À
Cotonou, les maisons étaient dix fois plus sécurisées que cette coquille d’escargot. » Le mari de la blanche noire s’était éloigné de nous, acquiesçant de la tête à tout ce que je disais,
tandis que je me débattais avec mes émotions. Alors que l’angoisse me gagnait, je réalisai que l’Internet était lent sur mon téléphone. Pourtant, à Paris, j'avais des moyens de communiquer. Je me suis immédiatement connectée à deux de mes amis sur les réseaux sociaux, ceux qui vivaient dans la ville lumière. En quelques minutes, j'ai commencé à chercher un hôtel où nous pourrions passer la nuit dans des conditions décentes. La situation était frustrante, mais je ne comptais pas
baisser les bras. Surprise! Après quelques recherches, j'ai trouvé un hôtel qui acceptait ma carte bancaire américaine et qui ne coûtait que 90€, navette pour l’aeroport et repas inclus. Ce tarif incluait le petit déjeuner et le déplacement, un vrai soulagement après cette journée tumultueuse. Je sentais que je reprenais le contrôle de la situation. Un sentiment de soulagement m’envahit alors que je partageais la bonne nouvelle avec mon mari. À cet instant, j'avais compris que, même face aux difficultés, il était toujours possible de trouver une solution. Nous allions enfin pouvoir nous reposer,
loin de cette ambiance pesante et de ce sentiment d'insécurité.
À Porte Dorée, à Paris 12, se trouve le musée de l'histoire de l'immigration, qui était auparavant le palais des colonies. Ce musée a été conçu pour exalter le travail colonial, un travail qui a forcé nos ancêtres à construire des chemins de fer, entraînant la mort de plus de la moitié d'entre eux. On nous faisait même croire qu'il fallait remercier la France de nous avoir "civilisés". Devant l'Assemblée nationale, quatre statues imposantes rappellent notre passé sombre. Parmi elles se trouve Colbert, le père du code noir, qui a été établi en 1685 et a régulé la traite négrière. À ses côtés se trouve Louis XIV, qui a validé ce code. Cette statue a été l'objet d'insultes et de dénonciations, et des messages de réprobation sont écrits sur le mur. On trouve également la place Abd-El Kader, 1807-1883, dédiée à ce héros national algérien, ainsi que la rue Béhanzin. La plus grande mosquée de Paris a été offerte par les autorités françaises en hommage aux soldats algériens massacrés pendant la Première Guerre mondiale.
Paris, cette ville souvent célébrée comme la ville de l’amour, ne résonne pas de la même manière pour nous, Africains. Elle est empreinte d'un passé esclavagiste et colonialiste qui plane comme une ombre sur nos souvenirs. Chaque coin de rue, chaque monument, chaque statue nous plonge dans un silence lourd, un silence qui réveille des mémoires noires chargées de douleur et de souffrance.
Les murs de cette ville, témoins de notre histoire, rappellent le combat que nous devons mener pour arracher notre indépendance. Ils évoquent les luttes de nos ancêtres, ceux qui ont enduré l’injustice et l’oppression, et qui ont laissé un héritage de résistance. Paris ne nous offre pas seulement des beautés architecturales, mais également des rappels constants des responsabilités que nous portons envers notre histoire.
Nous sommes confrontés à un monde unipolaire où les rapports de force persistent, où les dominants continuent d'exercer leur pouvoir sur les dominés. Cela nous rappelle que seule la lutte peut nous libérer. Nous devons nous battre, non seulement pour notre liberté, mais aussi pour la reconnaissance de nos luttes et de notre dignité. Paris, avec tout son éclat, ne doit pas nous faire oublier le chemin que nous avons parcouru ni les batailles qui restent à mener. C'est un appel à la résistance, une invitation à ne jamais oublier d'où nous venons, et à continuer de lutter pour l'avenir que nous méritons.
À notre retour aux usa, j’ai repris le travail soulagée. Le séjour d’un tronc d’arbre dans l’eau ne le transformera jamais en crocodile. Nous avons tous compris que partir d'un endroit difficile ou d'une situation compliquée n'est pas la solution à nos problèmes. Il nous faut plutôt lutter pour un changement réel et durable. L’Amérique a lutté pour ses droits, l’Europe a lutté pour sa paix et son unité, et l’Asie a également mené des combats pour son développement et sa reconnaissance sur la scene mondiale.
Nouvelle collection
Ne manquez pas l'occasion d'économiser tout en profitant de la qualité et du service que vous aimez. Gardez un œil sur cet espace pour les dernières mises à jour et profitez de ces offres incroyables tant qu'elles durent !
Créez votre propre site internet avec Webador