Une Photo qui en dit long

 

Béhanzin : Le Roi du Dahomey qui n’a pas Vendu d’Esclaves 

 

Dans le cadre des récits historiques sur les résistants africains au colonialisme, l’histoire de Béhanzin, roi du Dahomey (actuel Bénin), mérite une attention particulière. Souvent dépeint dans les récits coloniaux comme un “vendeur d’esclaves” impitoyable. Certains trafiquants d’histoire l’ont même comparé à Tippou Tip, le marchand d’esclaves arabe qui contrôlait jusqu’à 50 000 captifs au Zanzibar. Béhanzin est en réalité une figure de résistance farouche contre l’impérialisme français. Contrairement à ces allégations, aucune preuve scientifique, archéologique ou historique solide n’atteste qu’il ait participé activement au commerce des esclaves. Au contraire, son règne bref (1889-1894) fut marqué par un bras de fer avec les anciens esclavagistes français devenus colons, qu’il contestait en exigeant des paiements pour leur présence sur les terres du Dahomey. 

 

 

Le Contexte Historique : L’Accord de Cession de Cotonou et la Résistance de Béhanzin

L’accord de cession de Cotonou aux Français remonte à 1868 et 1878, sous le règne du roi Glélé (père de Béhanzin). Ces traités accordaient à la France le contrôle du port de Cotonou en échange de paiements annuels et de protections commerciales. Cependant, à l’ascension de Béhanzin en 1889, il renonça immédiatement à ces concessions, les considérant comme une aliénation de la souveraineté dahoméenne. Dès son intronisation, Béhanzin engagea un conflit avec les Français, qui étaient passés du commerce d’esclaves à une colonisation directe. Il n’eut guère le temps de “jouir de sa chefferie”, comme le soulignent les archives : son règne fut dominé par la défense de son royaume contre l’expansion coloniale, culminant dans la Seconde Guerre Franco-Dahoméenne (1892-1894). 

 

Béhanzin exigeait que les Français paient pour leur présence sur les terres ancestrales, refusant toute forme d’assimilation ou de compromis. Cela contrastait avec ses prédécesseurs, comme son père Glélé ou son grand-père Guézo, pour qui des preuves historiques existent bel et bien de collaboration avec les esclavagistes européens. Oui, les armes, les chaines et les places consacrées au trafic sont encore présentes au Bénin au jour d’aujourd’hui.  Pour Béhanzin, en revanche, les sources primaires (rapports français, archives coloniales) ne mentionnent pas d’implication, ni directe ni indirecte, dans le commerce transatlantique, qui était déjà en déclin suite aux pressions britanniques contre l’esclavage au milieu du XIXe siècle. Il faut dire que l’abolition de l’esclavage au Brésil a beaucoup influencé le déclin et la fin de cette activité qui apparemment n’a enrichi aucun pays africain. Aussi, des allégations de “raids esclavagistes” en 1891 dans des protectorats français existent dans les récits coloniaux, mais elles semblent exagérées pour justifier l’invasion coloniale: ces actions étaient plus des actes de guerre contre les alliés français que du commerce organisé d’esclaves. Aucune trace, aucun écrit ne justifie cette thèse. 

 

L’Exil en Martinique : Un “Prisonnier” Traité avec Égards ?

Le 30 mars 1894, Béhanzin arrive en Martinique, “déporté” par les autorités françaises après sa défaite. Assigné à résidence au Fort Tartenson à Fort-de-France, la version officielle le dépeint comme un prisonnier enchaîné, un “gros vendeur d’esclaves” puni pour sa barbarie. Pourtant, les photos d’époque le montrent bien entouré et sans chaînes : accompagné de trois de ses femmes, de son fils, de ses filles, de son secrétaire et sa femme, ainsi que de son interprète et sa femme.  De tous les rois et chefs africains déportés ou dominés par la France à l’époque (comme Samory Touré ou Ahmadou Tall), Béhanzin est le seul à bénéficier d’un tel traitement de faveur. Pourquoi ?

Les archives de la Fondation Clément, issues des documents coloniaux martiniquais, confirment que la France lui versait un salaire mensuel et qu’il recevait les visites des personnalités les plus importantes de l’île, comme Morachinni (un notable local).  Cela suggère un respect forcé ou une reconnaissance de son statut royal, plutôt qu’une punition pour esclavagisme. Béhanzin mourut en exil en 1906 en Algérie, après avoir été transféré, mais son traitement initial interroge : nous a-t-on vraiment dit la vérité sur son rôle ? Les récits coloniaux, souvent biaisés pour justifier la “mission civilisatrice”, ont amplifié des mythes pour discréditer les résistants africains. 

 

Déconstruire le Mythe de Béhanzin comme Esclavagiste

Nous avons tous entendu la version du “vendeur d’esclaves” : Béhanzin aurait surpassé Tippou Tip en cruauté. Pourtant, aucune preuve concrète – ni scientifique, ni archéologique, ni historique – ne soutient cela pour son règne personnel. Les preuves existent pour ses ancêtres : Guézo collaborait avec les Portugais et Français pour exporter des captifs de guerre, contribuant à jusqu’à 20 % du commerce atlantique au XVIIIe siècle.  Mais Béhanzin, dès son accession, contesta ces anciens esclavagistes devenus colons, refusant de perpétuer le système. Le commerce d’esclaves était déjà illégal et en déclin (bloqué par les Britanniques dès 1852), et son focus était la souveraineté, pas le profit esclavagiste.  

 

En réalité, Béhanzin symbolise la résistance panafricaine précoce : il refusa les traités aliénants et mena une guerre asymétrique contre une puissance coloniale supérieure, protégeant l’indépendance de ses ancêtres. Son exil “doré” pourrait même indiquer un accord tacite ou une admiration réticente des Français pour son leadership.

 

Réécrire l’Histoire pour Honorer les Résistants

L’histoire de Béhanzin n’est pas celle d’un esclavagiste, mais d’un roi qui défia l’impérialisme naissant. En questionnant les récits officiels, nous rendons justice à ces figures oubliées. Comme dans le panafricanisme, c’est à nous d’écrire notre histoire,car personne d’autre ne le fera. Si cette narrative vous interpelle, Georgia, depuis Omaha, partagez vos réflexions : quelle autre figure africaine mérite d’être réhabilitée ?

 

 

 

 

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La bataille de Djougou: Askia Mohamed humilié par les Bariba

 

La visite d'Askia Mohamed après son hadj en 1499 se solda par une défaite retentissante. Parvenu au pouvoir en renversant son prédécesseur, il décida d'effectuer un tour de l'empire songhaï afin de s'assurer de la soumission de tous les habitants. Il se rendit d'abord à Gaya, dans le sud de l'actuel Niger, puis à Kemda, au nord de l'actuel Nigéria. Sa dernière escale fut Djougou.

À cette époque, les Bariba régnaient dans le nord du Bénin. Plusieurs petits royaumes étaient dominés par deux grandes entités : le royaume de Kouandé à l'ouest et le royaume de Nikki à l'est. Djougou était la plus grande ville de cette région. Les Bariba s'entraînaient en permanence à cheval. Certains d'entre eux avaient même appris des techniques de guérilla grâce à Kisra, un compagnon du prophète Mahomet.

Askia atteignit Djougou tard dans la nuit. Il ordonna à ses gardes de se reposer et de préparer l'attaque pour l'aube. Cependant, à son réveil, il se retrouva déjà encerclé, et tous ses gardes avaient été désarmés. Il finit par repartir seul, acceptant le pacte de non-agression.

 

source: Tariq As Soudan par Abderrahmane Es Saâdi (1594-après 1655)

Étude sur l'Islam au Dahomey par P. Marty

 

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