Tidiane, Touche pas ma Culture !

 

 


Les hommes forts sont ceux qui sont enracinés dans leur culture. La culture fait la civilisation. La civilisation fait le développement.

Car l'unité culturelle est une urgence, un ultimatum.

Le père Noël est blanc

Témoignages de ma mère

 

Quand j'étais petite, j'étais très impliquée dans l'église. Chaque matin, nous nous levions à cinq heures pour nettoyer l'ensemble de l'église. Ensuite, nous préparions la communion des saints et aidions les sœurs à faire le ménage au presbytère. Nous arrosions aussi les manguiers et les fleurs dans la cour. Souvent, je rentrais à quinze heures, sans avoir mangé ni bu quoi que ce soit. J'étais très fière d'avoir été choisie parmi les filles bien élevées de la plus belle et grande basilique de la ville de Ouidah pour être volontaire au service de Dieu. Tout cela se faisait dans la plus grande discrétion. Personne n'avait le droit de manger ou même de goûter à la communion ou au vin. Un dimanche après-midi, j'avais une faim terrible. Il était seize heures, et je pensais que j'allais m'évanouir dans la grande cour silencieuse du presbytère. J'ai grimpé dans le manguier que j'avais planté moi-même trois ans auparavant. J'ai cueilli une belle mangue bien mûre. Je l'ai dévorée, ressentant le plaisir de profiter pour une fois de ma propre sueur. Je l'ai mordue quatre fois avant de voir, près du portail, une sœur voilée qui m'attendait avec un doberman attaché à une chaîne qu'elle tenait de l'autre main. Elle semblait désapprouver ce que je faisais, et je l'ai perçue dans ses yeux verts. Je suis descendu de l'arbre pour lui expliquer que je voulais juste goûter à cette mangue que j'avais fait pousser. À peine avais-je ouvert la bouche qu'elle m'a traitée de voleuse et a ajouté que je n'irais pas au ciel. Puis, d'un geste agressif, elle a tiré sur la chaîne pour détacher le chien qui salivait en aboyant vers moi. Je me souviens avoir sauté par-dessus le mur du presbytère pour fuir, car elle avait fermé le portail à clé et se tenait entre le couloir de secours et moi. Je n'oublierai jamais la douleur de ses crocs géants dans ma cuisse droite. Ce chien m'a réduit le biceps. J'ai crié au secours, mais personne n'a levé le petit doigt. Ils étaient tous derrière leurs fenêtres à m'observer, c'est certain. J'avais saisi ans."

" Mon oncle était sur le point de devenir prêtre, et le Vatican avait envoyé un prêtre blanc pour son ordination. Les étapes de cette cérémonie se déroulaient dans une telle discrétion que nous savions très peu de ce qui se passait réellement. Mon oncle était très heureux et ne montrait sa joie que lorsqu'il rentrait dans notre salon, ne souhaitant pas dévoiler ses émotions. Un soir, il rentra presque en courant, vers minuit. Mon père, le roi, comprit immédiatement qu'il se passait quelque chose d'inhabituel. Nous fermâmes toutes les portes, et mon oncle nous raconta alors ce qui s'était passé : "On m'a dit de répéter que le noir est le diable et que le blanc est Dieu. J'ai refusé. Comment se fait-il que vous fabriquiez des armes, que vous envahissiez, que vous pilliez, que vous réduisiez les gens en esclavage, et que ce soit nous qui soyons le diable ? Non, c'est plutôt le blanc qui est le diable. Je ne renierai jamais les miens." Le saint père du Vatican s'était levé et m'avait rassuré que je n'avais pas à faire cela et que ce n'était pas obligatoire. Ensuite, il m'ordonna de lécher son gros orteil gauche. Je m'exécutai. Il partit ensuite dans sa chambre. Ce soir-là, le cuisinier, un cousin éloigné, me souffla à l'oreille qu'on lui avait ordonné de mettre du poison dans ma nourriture. Il disait que je devais fuir avant qu'il ne se rende compte qu'il ne l'avait pas fait. Loyal envers notre lien de sang, il refusait de trahir notre famille, un secret dont le saint père n'était pas au courant. Ainsi, je courus sans même prendre mes affaires. « Roi, » dis-je, « je viens me réfugier ici, dans la maison de mes ancêtres, et ici, au palais, je suis en sécurité. »

"Le cardinal Bernardin Gantin, issu de ce même séminaire, a toujours été un homme d'une immense dévotion. Il passe des heures à étudier, à se consacrer à son travail avec une passion qui force l'admiration. Sa bienveillance et son humilité touchent tous ceux qui le croisent. Nous avons tous été témoins de sa générosité et de son amour profond pour Dieu, un amour qui, hélas, semble ne s'adresser qu'au Dieu des blancs. Aujourd'hui, il se trouve au Vatican, parmi les plus nobles, ces hommes de pouvoir et d'influence. Mais dans l'ombre, une inquiétude sourde grandit en moi : si jamais il osait prétendre à la papauté, je crains qu'ils ne le fassent disparaître. Ils ne savent faire que ça, empoisonner les espoirs qui pourraient déranger leur ordre établi. Je te le dis, Georgia, il ne sera jamais pape. Puis vint le 19 avril 2005, un jour qui marqua les esprits lorsque le pape Benoît XVI fut intronisé. On disait qu'il avait déjà été classé parmi les membres de la commission chargée d'élire le nouveau pape, mais pendant trois longues années, le silence pesant régna sur le sort de notre frère Bernardin. Les jours passèrent, et avec eux, l'angoisse grandissait. Des rumeurs d'empoisonnement commencent à circuler, et chacun d'eux était comme une goutte d'acide sur notre cœur."

 Puis, un an après le départ de maman, le pire arriva. Ce fut comme un coup de tonnerre dans un ciel déjà assombri par la douleur. Notre espoir s'évanouit, et avec lui, une partie de notre âme.

 

 

Repose en paix maman!

 

 

 La françafrique, c'est le colonialisme par proxy

Introduction : Le Mensonge Universel du Père Noël

Une critique symbolique du Père Noël, incarnation culturelle du capitalisme occidental et de la domination religieuse chrétienne. Ce personnage universellement vu comme un symbole de la standardisation culturelle qui efface les identités locales.  Souvenons-nous de la manière dont l'église catholique est arrivée. Elle n'a pas toqué à la porte avant d'entrer, elle l'a arraché. Le personnage du Père Noël trouve ses racines dans Saint Nicolas, un évêque du IVe siècle, connu pour sa générosité et ses actes de bienveillance. Saint Nicolas, célébré le 6 décembre, était réputé pour offrir des cadeaux, notamment aux enfants et aux pauvres. Au fil des siècles, la figure de Saint Nicolas a évolué en différentes versions à travers l'Europe. En Hollande, par exemple, il est devenu Sinterklaas, un personnage qui apporte des cadeaux aux enfants. Les immigrants néerlandais ont introduit cette tradition aux États-Unis au XVIIe siècle. C'est au XIXe siècle que le personnage du Père Noël tel que nous le connaissons aujourd'hui a commencé à prendre forme. En 1823, le poème « A Visit from St. Nicholas » (aussi connu sous le nom de « The Night Before Christmas ») a popularisé l'image d'un Père Noël jovial, vêtu de rouge, voyageant dans un traîneau tiré par des rennes. L'arrivée du christianisme en Afrique a souvent été perçue comme un acte de mission. Cependant, sous-jacent à cette mission se cache un impérialisme culturel qui a eu des conséquences profondes pour les sociétés africaines. La première église au Kongo remonte au 14e siècle, elle fut construite par les portugais.  Il y eut quatre cents ans de conversions et d'esclavage. Plus tard, les puissances coloniales ont utilisé le même guide ecclésiastique comme un outil de domination et de pillage, cherchant non seulement à convertir les âmes, mais aussi à effacer les cultures et les traditions locales.

Le lien avec la religion et la politique sont très solides. En Afrique, le Père Noël n'est pas simplement une figure festive, il représente l'influence du christianisme comme outil de pouvoir immatériel. Je parle ici de l'église parce qu'elle est la seule institution de l'impérialisme occidental qui s'immisce dans la politique en Afrique, comme en témoigne la présence de tous ces prêtres catholiques dans les décisions cruciales des pays : la Conférence des forces vives de la Nation au Bénin avec Isidore De Souza, la guerre du Cameroun Samuel Tchoumi,  la lutte de l'ANC contre l'apartheid et Beyers Naudé, Wenceslas Munyeshyaka dans la guerre du Rwanda etc...

 Je vais ici exposer les mécanismes de contrôle psychologique, culturel, et économique ; critiquer la colonisation mentale et proposer des solutions pour reprendre le contrôle de nos pratiques et nos identités. Je propose une alternative audacieuse qui consiste à placer la science au cœur des pratiques endogènes de la communauté noire. Ce livre entre autre invite chaque africain, chaque individu de la communauté noire à reconsidérer ses liens avec les outils de domination culturelle et ses responsabilités vis-à-vis de la lutte pour la souveraineté culturelle.

       L'idiome « Le père Noël est blanc » fait référence à l'image traditionnelle du personnage de Noël tel qu'il est souvent représenté dans les cultures occidentales. Le père Noël, qui est censé incarner l'esprit de Noël, représente ici une culture occidentale qui ne reflète nullement les réalités africaines. L'expression veut évoquer ici donc les héritages coloniaux, où les images et les valeurs occidentales ont été imposées ou largement diffusées, souvent au détriment des cultures locales. Elle invite à réfléchir sur l'impact de ces influences sur les traditions africaines et sur la manière dont elles peuvent être célébrées ou adaptées. D'autre part, l'idiome « Le Père Noël est Blanc » est une expression que j'utilise de manière humoristique et critique pour discuter des attentes sociales liées au christianisme. Cela peut amener à une réflexion sur les inégalités et les biais dans la façon dont certaines cultures ou groupes sont valorisés par rapport à d'autres.

   Mis à part le problème de la représentativité de l'homme noir dans l'histoire, l'expression Le Père Noël est Blanc est un appel à l'action. Les aides ne développeront jamais l'Afrique. Si la domination culturelle est maintenue aujourd'hui par la monopole scientifique et économique non noir, il est essentiel de reconsidérer la position de l'Afrique sur le plan mondial. L'Afrique (et sa diaspora bien sûr) a connu des heures bien sombres qui pèsent encore sur elle. Le père Noël était là durant l'esclavage, la colonisation, et il est encore là aujourd'hui en plein néocolonialisme.  Rien n'a vraiment changé. Est-il vraiment là pour nous ? Ses actes aident-ils les africains ou plutôt les occidentaux ?  Dans un monde où le rapport de force nourrit les relations inter états, il n'y a pas de père Noël, si ce n'est que loup déguisé.

 

 

Le catholicisme est un pouvoir politique

immatériel.

 

 

Parlons d'abord des origines politiques du christianisme. Il faut rappeler que la religion chrétienne est devenue un instrument de pouvoir, notamment sous l'Empire romain avec Constantin. 

Des siècles avant jésus, il y avait plein d'autres Jésus :

  • zoroastre en Iran par exemple. Nous sommes à 6 siècles avant Jésus-Christ. Il est né d'une vierge le 25 décembre (natalis solis invicti) dans une grotte. Sa naissance était attendue par des sages, des hommes sages et des bergers. Il était considéré comme "la Voie, la Vérité et la Lumière. Il était encore considéré comme "le Rédempteur, le Sauveur, le Messie.” Son jour sacré était le dimanche, le jour du Seigneur. Il avait sa fête principale à la date qui allait ensuite devenir Pâques, correspondant à sa résurrection. Il avait 12 compagnons. Il était identifié à la fois au Lion et à l'Agneau. Son culte Mithra est célébré avec du pain et du vin, par des prêtres.

 

  • 6 siècles avant notre ère toujours, il y a eu Bouddha dans le nord de l'Inde. Il est né d'une vierge. Il était considéré comme un grand professeur et un maître itinérant. Il était considéré comme « la Voie, la Vérité et la Lumière. » Il était encore considéré comme « le Rédempteur », « le Sauveur », « le Messie. » Il avait 12 compagnons ou disciples. Il effectuait des miracles. Il a été crucifié. Après trois jours, il s'est relevé. Sa résurrection était célébrée chaque année. Sa religion comportait une eucharistie ou « dîner du Seigneur »

 

  • 1400 ans avant Jésus-Christ, il y avait Krishna, épithète personnelle était,"le fils éternel » ou « Krishna ». Sa naissance était attendue par des sages, des hommes sages et des bergers. Il est né de la vierge Dévaki le 25 décembre. Son père était charpentier. Sa naissance a été annoncée par une étoile. Il s'appelle dieu des bergers. Il fut persécuté par un tyran nommé Kamsa, qui ordonna le meurtre de milliers d'enfants en bas âge. Il était de naissance royale. Il fut baptisé dans un fleuve. Il effectua miracles et merveilles. Il ressuscitait les morts et guérissait les lépreux, les sourds et les aveugles. Il utilisait des paraboles pour enseigner au peuple la charité et l'amour. Il fut transfiguré devant ses disciples. Dans certaines traditions, il fut crucifié entre deux voleurs. Il mourut et se releva de sa tombe le troisième jour. Il était associé au lion et à l'agneau.

 

  • Plus loin 2500 ans avant Jésus-Christ, en Égypte il y avait Horus. Il est né de la vierge (Isis) le 25 décembre (Tybi) (la fin du solstice d'hiver) dans une grotte ou une crèche. Sa naissance a été annoncée par une étoile à l'Est et attendue par trois hommes sages (Mintaka, Anilam, Alnitak). Son père s'appelait Joseph (Keb) et sa mère Isis. Il lui avait aussi 12 disciples. Il fut baptisé à 13 ans par Jean le baptiseur (Anup). Il a été crucifié entre deux bandits. Il a effectué des miracles et a même ressuscité une momie. Il fut enterré et il s'est relevé de sa tombe le troisième jour. Il était la voie, la vérité et la lumière, et il était aussi associé au lion et à l'agneau.

 

L'histoire de la Bible, on peut en reparler. L'empereur Constantin accède au pouvoir et se convertit au christianisme en 312.

Avec l'aide d'Eusèbe de Césarée, connu pour ses falsifications, il établit de nouvelles structures pour l'Église chrétienne.

Progressivement, seul le culte chrétien est autorisé, ce qui marque le début des persécutions religieuses en Europe.

Constantin convoque le concile de Nicée, où il introduit la notion de génération divine : Jésus, fils de Dieu, est engendré par le Père éternel et n'est pas créé. La vierge Marie n'est pas reconnue, et l'Église supprime la fête du baptême du Christ, le 6 janvier, car Jésus est considéré comme vrai Dieu et vrai homme dès sa naissance. Cette conception soulève des questions sur l'unicité de Dieu, mais la résurrection de Jésus, qui est centrale à la foi chrétienne, crée une incohérence difficile à expliquer. La fête de Pâques est fixée un dimanche. Après avoir fait assassiner plusieurs membres de sa famille, Constantin s'engage pleinement dans le christianisme. Il fait détruire les œuvres païennes et finance la production de nouveaux exemplaires de la Bible, permettant ainsi une révision des textes. C'est à cette époque que la rédaction du Nouveau Testament devient « définitive ». Sous Constantin, l'Église choisit d'utiliser le symbole de la croix, emprunté aux Égyptiens, à Mithra et à Tammouz. Hélène, la mère de l'empereur, forme une commission de prêtres pour déterminer l'emplacement du Golgotha, qui coïncide avec un ancien temple de Vénus. Sous l'Empire romain, le christianisme a été adopté comme religion d'État par Constantin au IVe siècle, non pas uniquement pour des raisons de foi, mais parce qu'il offrait un outil de contrôle social. L'idée d'un Dieu unique et tout-puissant, combinée à la promesse de rédemption pour les obéissants, a permis de centraliser le pouvoir autour de l'empereur, souvent considéré comme choisi par Dieu.

 

Lors du Concile de Nicée, l'Église adopte le nom de Jésus-Christ et s'inspire de l'apparence du dieu égyptien Sérapis. Le terme Satan dérive de Seth, un ennemi d'Horus dans la mythologie égyptienne. En 325, l'Église célèbre pour la première fois la naissance du Christ le 25 décembre afin de contrecarrer les anciennes fêtes païennes de Noël, liées à la renaissance du Soleil. En 365, le résultat était spectaculaire : l'empereur Julien se plaignait du pouvoir que des prêtres sur l'empire. Et en 431 au concile d'Ephèse, Marie devient mère de Dieu.  Pendant le Moyen Âge, les croisées firent des victimes et établirent le pouvoir de l'Eglise. A la suite de la disparition des grandes bibliothèques romaines et de l'absence presque totale d'activités d'édition en Europe, l'Église acquiert de facto un monopole sur l'écrit et l'information. Le peuple est délibérément maintenu dans l'ignorance et dissuadé de lire la Bible, même s'il a accès à un exemplaire. Les révoltes paysannes dans l'Empire germanique en 1524, inspirées par la Bible diffusée en masse grâce à Gutenberg quelques années auparavant, illustreront cette stratégie de l'Église. Dès le XIIIe siècle, l'Inquisition prohibera formellement la possession de livres de l'Ancien Testament. Progressivement, l'Église impose l'Inquisition, le célibat des prêtres et la nécessité de se marier avant toute relation sexuelle. C'est également durant cette période que se développe une pratique devenue traditionnelle dans le christianisme : l'exécution par le feu de nombreuses personnes. On estime qu'environ un million de « sorcières » ont été brûlées au cours du Moyen Âge. En 1073, par exemple, le pape Grégoire VII, très puissant, régularise le rôle des papes. Il déclare que seule l'Église romaine est fondée par Dieu, et que seul l'évêque de Rome peut se prévaloir du titre d'œcuménique. Celui-ci a le pouvoir de nommer, de déposer ou de gracier les évêques. Tous les princes doivent baiser les pieds du pape, qui a également le droit de déposer les empereurs. Ses décisions ne peuvent être invalidées par quiconque, et il est infaillible dans ses jugements. Selon le témoignage de la Bible, l'Église romaine n'a jamais failli et ne faillira jamais.

 

Le 8 Janvier 1454, Tommaso Parentucelli devenu pape en 1447 sous le nom de Nicolas V, bénit l’esclavage et la traite des noirs par les portugais dans la bulle Romanus Pontifex. Il s'était déplacé lui-même en personne pour lire cette lettre à Lisbonne. "Nous avions jadis, par de précédentes lettres, concédé au Roi Alphonse du Portugal, entre autres choses, la faculté pleine et entière d'attaquer, de conquérir, de vaincre, de réduire et de soumettre tous les sarrasins (c'est-à-dire les Africains), païens et autres ennemis du Christ où qu'ils soient, avec leurs royaumes, duchés, principautés, domaines, propriétés, meubles et immeubles,  tous les biens par eux détenus et possédés, de réduire leurs personnes en servitude perpétuelle, (...) de s'attribuer et faire servir à usage et utilité ces dits royaumes, duchés, contrés, principautés, propriétés, possessions et biens de ces infidèles sarrasins (Africains) et païens... Nous n'étions donc que des sauvages, sans âme et possédées des diables. Tuer l'un d'eux équivalait à abattre une bête sauvage. (ANNEXE CA ) Il faut ajouter que des esclaves noirs furent offerts à Gabriele Condulmer dit Eugène IV, 207 e pape de l'Église catholique, apostolique et romaine.

En 1493, Le pape Alexandre VI publie une bulle papale ou décret, intitulé « Inter Caetera », dans laquelle il autorise l'Espagne et le Portugal à coloniser les Amériques et ses peuples autochtones en tant que sujets. Le décret affirme les droits de l'Espagne et du Portugal à coloniser, convertir et asservir. Il ira jusqu'à justifier l'asservissement des Africains. Il n'est un secret pour personne que la période de la traite négrière représente les heures les plus sombres de toute l'histoire de l'homme noir.

Rappelons que pendant l'esclavage, les papes avaient des esclaves, et contestaient même l'abolition de l'esclavage. Le 3 décembre 1839 par exemple, le pape Grégoire XVI avait publié sa lettre In Supremo apostolatus « pour détourner du commerce des nègres ». Dans la quelle il interdisait le commerce des noirs, sans jamais condamner la possession des esclaves. Mais il ne participe aucunement à l'abolition de l'esclavage. Son successeur du Saint-Office en 1866 d'ailleurs considérait comme légitime l'esclavage dès lors qu'il était instauré par Yahweh lui-même (Traités des Blancs, génératrices des Traités des Noirs. Kinvi D. A. L). Tous les papes s'en tiennent donc à la doctrine chrétienne qui considérait comme légitime l'esclavage dès lors qu'il était institué par Yahweh lui-même : Y toucher serait donc pure désobéissance.  En 1848, La population de Rome se soulève contre la dictature papale, aboutissant à l'expulsion du pape Pie IX. Une république est proclamée et les murs du ghetto de Rome sont démolis. Cependant, en 1849, le pape est rétabli dans ses fonctions par les troupes françaises. Les opposants à ce retour au pouvoir sont fusillés. L'Église retrouve alors un statut de monarchie absolue, où le pape est le seul souverain. En 1829 à Louisiane, sur 215.539 habitants, 16.710 noirs étaient libres et 109.588 étaient esclaves afro chrétiens ( un mémoire de Mgr De Neckère, évêque de la Nouvelle-Orléans). Rares étaient les noirs qui avaient droit au sacrement. Ils servaient dans l'église. Les prêtres, mes missionnaires et les esclaves se côtoyaient quotidiennement dans le nord. À aucun moment, le clergé n'a condamné la traite car la colonie à cette époque sans l'acte servile ne ne tiendrait point. 

La religion a toujours été un outil puissant dans l'histoire de l'humanité, mais son pouvoir ne réside pas seulement dans la spiritualité. Les dogmes religieux, lorsqu'ils sont manipulés par les élites, deviennent des mécanismes redoutables pour centraliser le pouvoir et contrôler les masses. Le christianisme, en particulier, s'est souvent appuyé sur des concepts tels que la foi aveugle et l'obéissance à une autorité divine pour asseoir son emprise sur les populations. Dans ce chapitre, nous allons explorer comment ces idées ont été utilisées pour renforcer la domination politique et sociale. Les résultats sont flagrants : d'abord l'immunisation contre la remise en question : En exigeant une foi sans condition, les institutions religieuses empêchent les adeptes de contester leurs décisions ou leurs enseignements. L'idée que « Dieu sait mieux » devient un outil pour faire taire toute opposition.

L'autorité divine repose sur l'idée que certaines personnes ou institutions sont investies par Dieu pour diriger les autres. Cette idée est souvent utilisée pour justifier des décisions politiques, économiques ou sociales, même lorsqu'elles sont injustes ou oppressives. En se plaçant au-dessus des lois humaines, cette autorité devient quasiment inattaquable. Dans l'histoire, de nombreux monarques se sont proclamés comme détenant leur pouvoir directement de Dieu (exemple : le droit divin des rois). Cela leur donnait une légitimité incontestable, même en cas de tyrannie. L'autorité divine ne se limite pas au contrôle des actions. Elle s'étend aussi à la pensée. Les dogmes religieux imposent une vision du monde unique, où toute idée divergente est considérée comme hérétique.  Les conséquences sociales sont :

  • Une population docile : Lorsque les masses croient que toute autorité vient de Dieu, elles acceptent plus facilement les injustices, les inégalités et les abus de pouvoir.
  • La concentration du pouvoir : Les élites religieuses et politiques collaborent souvent pour maintenir cette illusion d'autorité divine, consolidant ainsi leur contrôle sur tous les aspects de la société. Toute de suite, l'Intronisation des Rois par l'Église Catholique s'installe, accompagnér de la marginalisation des opposants à l'autorité religieuse est un mécanisme bien documenté dans l'histoire, souvent mis en œuvre par des institutions religieuses pour maintenir leur pouvoir et leur influence. Les individus ou groupes qui remettent en question les dogmes religieux ou l'autorité divine sont souvent soumis à la persécution, à l'ostracisme ou même à l'exécution. L'Inquisition, par exemple, représente une période où le pouvoir de l'Église catholique s'est exercé de manière coercitive, décourageant ainsi toute forme de contestation et renforçant l'ordre établi. Par Exemple Le Roi Henri IV de FranceUn exemple illustratif d'un roi intronisé par l'Église catholique et dont le règne a été marqué par la marginalisation des opposants est Henri IV de France, également connu sous le nom d'Henri de Navarre. Henri IV est devenu roi de France en 1589, après une période de guerres de religion entre catholiques et protestants (huguenots) qui a dévasté le pays. L'Intronisation d'Henri IVHenri IV, bien qu'étant protestant au départ, s'est converti au catholicisme en 1593 pour consolider son pouvoir et obtenir l'acceptation de l'Église catholique, qui était alors une force dominante en France. Sa célèbre déclaration, « Paris vaut bien une messe », illustre sa volonté de se conformer aux attentes religieuses pour accéder au trône. Son intronisation a été accompagnée d'une cérémonie solennelle, en grande partie orchestrée par l'Église, soulignant ainsi le lien étroit entre l'autorité monarchique et l'autorité religieuse. La Marginalisation des opposants s'en suivit. Une fois au pouvoir, Henri IV a cherché à instaurer la paix et l'unité dans un pays déchiré par la guerre civile. Cependant, cela a également signifié la nécessité de marginaliser ceux qui s'opposaient à son règne, notamment les huguenots et d'autres factions protestantes qui persistaient à contester son autorité. Bien qu'il ait promulgué l'Édit de Nantes en 1598, qui garantissait une certaine liberté religieuse aux protestants, il a également utilisé des mesures coercitives pour réprimer les rébellions et les oppositions politiques. Il est à noter que la période de règne d'Henri IV a également été marquée par l'influence de l'Inquisition et de l'Église catholique dans la répression des dissidents. Les opposants au catholicisme et ceux qui remettaient en question l'autorité d'Henri IV faisaient souvent face à des accusations d'hérésie. L'Inquisition, bien qu'elle ait été plus active dans d'autres régions d'Europe, a servi de modèle pour la manière dont les autorités religieuses et politiques ont collaboré pour éliminer les voix dissidentes. Les opposants étaient souvent ostracisés, perdant leur statut social et leurs biens, et pouvaient être soumis à des persécutions violentes. Cette dynamique a non seulement renforcé l'autorité d'Henri IV, mais a également contribué à créer un climat de peur qui dissuadait toute contestation.

 

Il faut dire que la religion en elle même est au service du pouvoir politique, et le lien entre ces deux entités est stratégique. Tout au long de l'histoire, les dirigeants politiques ont compris qu'en s'associant à une institution religieuse, ils pouvaient asseoir leur légitimité et renforcer leur autorité. Cette alliance permet de centraliser le pouvoir en combinant les forces spirituelles et temporelles. On peut citer par exemple l'Église catholique et les monarchies européennes. Pendant des siècles, l'Église catholique a collaboré avec les royaumes européens pour maintenir l'ordre social. Les rois étaient sacrés par l'Église, et en échange, ils garantissaient les privilèges de celle-ci. Cette relation symbiotique a permis de maintenir un contrôle total sur les peuples, à la fois sur le plan spirituel et matériel. Ces événements montrent comment l'autorité divine a été utilisée comme justification pour des conquêtes politiques et militaires. Sous couvert de « volonté divine », des milliers de personnes ont été mobilisées pour servir les intérêts des élites. Dans le contexte de la colonisation, les dogmes religieux ont été utilisés pour justifier l'asservissement des peuples. L'idée que les Européens étaient « choisis par Dieu » pour apporter la civilisation aux « sauvages » a servi de prétexte moral à l'exploitation des ressources et des populations. Même à l'ère moderne, la foi aveugle et l'obéissance à une autorité divine continuent d'être utilisées pour contrôler les esprits. Bien que la religion ait perdu une partie de son influence dans certaines régions, les institutions religieuses restent puissantes dans de nombreux pays. Ve Les dirigeants politiques qui se présentent comme des élus de Dieu dans certains pays, les leaders politiques utilisent encore la religion pour légitimer leur pouvoir. Les dogmes religieux freinent parfois l'adoption de solutions scientifiques ou technologiques, en encourageant les populations à s'en remettre uniquement à la volonté divine. Le rôle des dogmes religieux dans la centralisation du pouvoir est indéniable. En exigeant une foi aveugle et une obéissance totale, les institutions religieuses ont permis aux élites de consolider leur domination sur les peuples. Ce mécanisme, bien que parfois dissimulé sous des formes modernes, reste un outil efficace pour manipuler les masses et empêcher l'émancipation des individus. Pour briser ce cycle, il est essentiel de promouvoir l'esprit critique, l'éducation et la science comme alternatives à la soumission aveugle.

 

 

Toujours sur le plan historique, Quand on entend « Jingle Bells », cette mélodie joyeuse qui accompagne les fêtes de Noël, on l'associe immédiatement à la neige, aux traîneaux et à une ambiance festive. Mais peu de gens savent que cette chanson, et plus largement les cloches associées à Papa Noël, portent une histoire bien plus sombre. Derrière cette façade festive se cache un passé mêlant paganisme et esclavagisme, où les cloches symbolisaient le contrôle des esclaves noirs. Bien avant l'ère chrétienne, les cloches étaient utilisées dans les rituels païens pour éloigner les mauvais esprits et invoquer la prospérité. Dans les festivités européennes préchrétiennes, les cloches étaient souvent associées à la nature, aux récoltes et aux cycles de la vie. Ces pratiques païennes ont été intégrées dans la tradition chrétienne, notamment à Noël, pour rendre la nouvelle religion plus acceptable aux populations converties. La fête de Yule, célébrée par les anciens peuples nordiques, est l'une des sources d'inspiration des traditions de Noël. Pendant Yule, les cloches étaient utilisées pour marquer le passage des saisons et honorer les divinités. Avec la christianisation de l'Europe, ces symboles païens ont été réappropriés et intégrés dans les célébrations chrétiennes, notamment celles de Noël. Pendant la période de l'esclavage, notamment dans les Amériques, les cloches ont pris une signification bien différente. Elles étaient utilisées comme des outils de contrôle pour surveiller les esclaves noirs. Les cloches, souvent attachées aux esclaves, servaient à alerter les maîtres en cas de fuite ou d'évasion. Dans ce contexte, elles étaient des symboles de soumission et de déshumanisation. Les esclaves noirs étaient parfois forcés de porter des cloches attachées à leurs corps, comme des bêtes de somme. Cette pratique inhumaine visait à humilier les esclaves et à rappeler leur statut inférieur. Les cloches, qui résonnaient à chaque mouvement, étaient une manière brutale de rappeler leur captivité. « Jingle Bells », cette chanson emblématique de Noël, a été écrite en 1857 par James Lord Pierpont. Si elle est aujourd'hui perçue comme une mélodie festive, son contexte d'origine soulève des questions. À l'époque de sa création, les États-Unis étaient encore profondément divisés par l'esclavage, et les cloches évoquaient à la fois les traîneaux des riches blancs et les pratiques esclavagistes.

Le but des dogmes religieux en général est d'inculquer la peur de l'enfer et la promesse du paradis post mortum, afin de manipuler les esprits par la peur et l'espoir.  Sachant que le pouvoir en place ne peut enrichir tout le monde, il est nécessaire d'insuffler la croyance et l'espoir du miracle en le peuple. Le pardon, la culpabilité, la rébellion diabolique, sont des outils de control psychologique. Ces concepts ont été utilisés pour maintenir les populations dans un état de soumission morale.  Ceci explique bien la présence d'un grand nombre d'églises dans beaucoup de pays d'Afrique subsaharienne. À celà s'ajoutent les fêtes religieuses comme normalisation culturelle, où Noël, Pâques et autres fêtes chrétiennes sont reconnues comme moyens de contrôler le calendrier social et culturel des peuples.  Noël, saint Sylvestre et nouvel an, et la Pâcques sont les plus grandes fêtes en Afrique, soldés par un congé de deux semaines pour tous les enfants dans les écoles. Le Bénin depuis 1992, fête les religions endogènes. Le président Soglo fut le premier à l'initier. Puis dix sept ans plus tard, Yayi décréta le dix Janvier comme journée festive donc elle est chômé payée. Ce n'est qu'en deux mille vingt cinq que le décret présidentiel talonniste fera passer la fête de Vodoun au Bénin d'un jour à trois jours fériés.

Ceci n'a pas empêché les esclaves christianisés de force de se révolter. La révolte des esclaves jamaïcains du 25 décembre 1831, également connue sous le nom de la Rébellion de Baptist War ou la Révolte de Bogle, est un événement marquant de l'histoire de la Jamaïque et de la lutte contre l'esclavage. Voici quelques points clés à propos de cette révolte. À l'époque, la Jamaïque était une colonie britannique où l'esclavage était pratiqué, et les esclaves étaient soumis à des conditions de vie extrêmement difficiles. Le mécontentement face à l'oppression, aux mauvais traitements et à la déshumanisation a conduit à un désir croissant de liberté. La révolte a été déclenchée le jour de Noël, le 25 décembre 1831, par des esclaves travaillant sur les plantations. Le pasteur Samuel Sharpe, un leader influent parmi les esclaves, a joué un rôle central dans l'organisation de la rébellion. Il a prêché l'idée de la liberté et incité les esclaves à se soulever contre leurs oppresseurs. La rébellion a rapidement pris de l'ampleur et a impliqué des milliers d'esclaves dans toute l'île. Les révoltés ont attaqué des plantations, incendié des propriétés et ont exprimé leur désir d'émancipation. La révolte a duré plusieurs jours et a été marquée par des affrontements violents avec les forces coloniales. La révolte a été brutalement réprimée par les autorités britanniques. Les troupes coloniales ont été déployées pour écraser le soulèvement, et de nombreux esclaves ont été tués ou capturés. Les conséquences ont été sévères, avec des exécutions publiques et des châtiments infligés aux participants. Papa Noël, où etais-tu ? C'était pourtant ce fichu Noël.

Le rôle de l'Église dans les empires coloniaux : Soutien aux monarchies européennes et justification religieuse de l'esclavage et de la colonisation. L'Église a joué un rôle central dans les entreprises coloniales des empires européens, participant activement à la justification morale et spirituelle de l'esclavage et de la colonisation. Sous couvert d'évangélisation, l'Église catholique (et d'autres confessions chrétiennes) s'est alignée sur les ambitions des monarchies européennes pour légitimer leurs conquêtes territoriales et économiques. Les doctrines religieuses, notamment celles issues de la bulle papale Dum Diversas (1452) et de la Romanus Pontifex (1455), ont été utilisées pour accorder aux souverains européens le droit de subjuguer les peuples non chrétiens. Ces textes papaux autorisaient explicitement l'asservissement des populations d'Afrique et des Amériques, sous prétexte de les convertir à la foi chrétienne. En échange, les monarques garantissaient à l'Église une expansion de son influence spirituelle et une protection institutionnelle, créant une alliance stratégique entre pouvoir religieux et pouvoir politique. Un exemple frappant est celui de l'empire portugais, où les missionnaires catholiques ont accompagné les explorateurs pour convertir de force les populations locales en Afrique et au Brésil. Ils ont justifié l'esclavage en arguant que les Africains, considérés comme des « païens », avaient besoin d'être christianisés pour être « sauvés ». De manière similaire, en Amérique latine, les conquistadors espagnols ont collaboré avec l'Église pour imposer leur domination. Le travail forcé des peuples autochtones, tel que le système d'encomienda, a été soutenu par les missionnaires qui voyaient dans ce système une opportunité d'éduquer et de convertir les indigènes. L'encomienda était un système économique et social instauré par les colons espagnols pendant la colonisation de l'Amérique latine, principalement au XVIe siècle. Ce système permettait à un colon espagnol, appelé encomendero, de recevoir un groupe de populations autochtones avec l'autorisation de la couronne espagnole. En échange de leur travail forcé dans les mines, les champs ou d'autres activités, l'encomendero avait la responsabilité de les « protéger » et de les convertir au christianisme. Cependant, dans la pratique, l'encomienda s'est rapidement transformée en une forme d'exploitation brutale et oppressive, où les autochtones étaient souvent soumis à des conditions de travail inhumaines et à des abus. Ce système était justifié par les autorités coloniales et religieuses comme une manière d'éduquer les populations indigènes et de les « civiliser » en les intégrant à la foi chrétienne. Pourtant, il a entraîné la destruction massive des cultures locales, la perte de millions de vies autochtones et un profond déséquilibre social. L'encomienda est souvent considérée comme l'un des symboles les plus flagrants de l'exploitation coloniale et de la justification religieuse de cette oppression.

 

Le rôle des papes et de l'Église catholique pendant l'indigénat en Afrique a été central dans le processus de soumission des peuples africains. L'indigénat, qui désignait un ensemble de lois discriminatoires imposées par les colons européens pour contrôler les populations autochtones, s'inscrivait dans une logique de domination politique, économique et culturelle. Les papes, en tant que chefs de l'Église catholique, ont souvent soutenu ou légitimé ces politiques coloniales en s'appuyant sur des arguments religieux pour justifier la supériorité des Européens et la prétendue mission civilisatrice de la colonisation. Sous couvert d'évangélisation, l'Église a contribué à imposer une domination spirituelle qui allait de pair avec l'asservissement des esprits et des corps des Africains. Un exemple marquant de la complicité de l'Église dans le pillage du royaume de Dahomey (situé dans l'actuel Bénin) peut être observé à travers son rôle durant la période de la traite négrière et de la colonisation, lorsque les missionnaires chrétiens ont collaboré avec les puissances européennes pour affaiblir les structures locales et faciliter l'exploitation des ressources et des populations. Le royaume de Dahomey, connu pour sa puissance militaire, sa richesse et sa culture fortement organisée, fut une cible de choix pour les empires colonisateurs, en particulier la France.

Les missionnaires catholiques, présents dans la région, ont joué un rôle indirect mais significatif dans l'affaiblissement du royaume. Ils ont utilisé leur influence pour prêcher la « supériorité » de la culture chrétienne européenne, discréditant ainsi les pratiques religieuses et culturelles locales. En dénigrant les croyances traditionnelles du Dahomey, comme le culte des Vodouns (divinités locales), les missionnaires ont sapé l'unité spirituelle qui constituait une base importante de la résistance du royaume face aux envahisseurs. Pendant que les missionnaires prétendaient « civiliser » les populations locales, les autorités coloniales françaises, avec la bénédiction implicite de l'Église, se sont emparées des ressources du royaume, pillant des œuvres d'art, de l'or et d'autres richesses, tout en exploitant les habitants comme main-d'œuvre forcée.

Un exemple explicite de l'implication de l'Église dans le pillage du royaume de Dahomey peut être observé durant la conquête coloniale française à la fin du XIXe siècle. En 1892, les troupes françaises, sous le commandement du général Alfred Dodds, ont lancé une campagne militaire pour soumettre le royaume de Dahomey. Cette invasion, justifiée par des arguments de mission civilisatrice, a été soutenue moralement par les autorités religieuses, notamment par les missionnaires catholiques présents dans la région. Ces derniers voyaient dans la chute du royaume une opportunité de supprimer les pratiques spirituelles locales, perçues comme païennes, et d'imposer le christianisme à une population qu'ils considéraient comme « à évangéliser ».

Après la victoire française, qui a conduit à la destitution du roi Behanzin en 1894, les forces coloniales ont procédé au pillage systématique des trésors culturels et religieux du Dahomey. Parmi ces trésors figuraient des sculptures, des trônes royaux et des objets sacrés liés au culte des Vodouns, des éléments centraux de la spiritualité et de l'identité culturelle du royaume. Ces objets ont été confisqués et transportés en Europe, où beaucoup d'entre eux ont fini dans des musées, comme le musée du quai Branly à Paris. Les missionnaires catholiques, quant à eux, ont collaboré avec l'administration coloniale pour détruire les temples Vodouns, considérés comme des symboles d'idolâtrie, et pour encourager les populations locales à se tourner vers le christianisme. En pleine colonisation, Le Dahomey, en raison de son manque de moyens financiers pour gérer l'enseignement public, dut céder cette responsabilité aux missions religieuses. Ainsi, avec la convention de 1900, une subvention de 14 000 francs fut accordée aux pères missionnaires pour administrer onze écoles de garçons et quatre écoles de filles. Cette délégation offrait à l'administration coloniale d'importantes économies budgétaires. De plus, les pères, qui maîtrisaient les langues locales grâce à leur immersion dans les communautés, devenaient des interlocuteurs privilégiés pour faciliter le dialogue avec les populations indigènes.

Sous prétexte de promouvoir la christianisation, il a soutenu l'idée que les traditions africaines devaient être supplantées par les valeurs chrétiennes et européennes. Cette attitude a légitimé les destructions des temples Vodouns et l'effacement des pratiques culturelles locales, facilitant ainsi la domination coloniale française. Même si Aupiais n'a pas directement participé au pillage des objets d'art et des trésors royaux, son travail a indirectement soutenu l'entreprise coloniale en affaiblissant les fondements culturels du Dahomey. Il a également contribué à la collecte et à la documentation de certains artefacts, qui ont souvent fini dans des musées européens. Aupiais se présentait comme un observateur des pratiques traditionnelles, mais il contribuait aussi à les dévaloriser en les qualifiant de « superstitions » ou de « pratiques païennes ».

Le Père Steinmetz, un autre missionnaire catholique actif à la même époque, a également été impliqué dans le processus de domination culturelle et spirituelle au Dahomey. En collaborant avec les autorités coloniales, il a contribué à l'évangélisation forcée des populations locales et à la destruction des structures spirituelles traditionnelles. Les missionnaires comme Steinmetz justifiaient ces actes en affirmant qu'ils « sauvaient » les âmes des Africains en les convertissant au christianisme. Des prêtres missionnaires comme Steinmetz ont participé à la confiscation d'objets sacrés liés aux cultes traditionnels, les qualifiant de « fétiches ». Ces objets, une fois saisis, étaient souvent envoyés en Europe, soit pour être exposés dans des musées, soit pour être étudiés par des ethnologues. Cette pratique faisait partie d'un processus plus large de pillage, dans lequel les richesses matérielles et immatérielles des royaumes africains étaient systématiquement accaparées par les puissances coloniales.

 

 

 

Source:   Restitution du Patrimoine Africain de Felwine Sarr et Bérénice Savoie

 

Aujourd'hui encore, ses positions sont polarisées. Combien de fois ne l'a pas vu dans des délits de discriminations économiques sur les terrains de guerre. Selon l'AED, une fondation caritative catholique qui soutient l'église en difficulté dans le monde, le 24 février 2022, un total de plus de 25,2 millions d'euros a été alloué pour soutenir l'église catholique des deux rites dans toute l'Ukraine." Cette somme aurait été offerte aux églises grécocatholiques et aux églises catholiques de l'Ukraine. Non seulement ici, on parle de « l'invasion à grande échelle » en 2022 alors qu'il s'agit de la guerre russo-ukrainienne , mais aussi l'aide est unijambiste. Aucune aide n'est apportée aux églises de la Russie qui pourtant compte plus de 82,2 % de chrétiens. Revenons en Afrique : l'AED aurait offert 31 % de la somme totale de 143 millions de dollars en 2023 à toute l'Afrique, et à Ukraine la même année 7,5 millions d'euros. L'Afrique aurait reçu donc 45 millions d'euros et en moyenne par pays 0,83 millions d'euros. Le ratio est donc de 1:9. Ce qui veut dire que même devant Dieu, un ukrainien vaut neuf soudanais, un ukrainien vaut 9 congolais. Pendant que Bono Haram sévissait au Nigeria, le M23 fraisait 2757 morts selon l'ONG International NGO security organisation. Plus, en 2025, le 23 février 2025, l'AED apporte une aide de 25 millions d'euros à Ukraine. Pendant ce temps, l'invasion de la zone de l'Est du Congo fit objet de simple dénonciation. Le père Noël est blanc !

Plus, il semble que l'église catholique gagne bien plus qu'elle ne donne en Afrique. Dans de nombreuses régions, les dons des membres de la congrégation constituent une source importante de revenus. Les fidèles contribuent souvent par le biais de quêtes lors des messes, de dons exceptionnels pour des projets spécifiques, ou de contributions mensuelles. L'Église catholique en Afrique par exemple reçoit également des fonds de programmes de financement mis en place par des organisations caritatives internationales, des ONG et des gouvernements. Une partie de ces fonds peut être destinée à des projets spécifiques tels que l'éducation, la santé ou le développement communautaire. L'Église possède souvent des propriétés, y compris des terrains, des bâtiments et des infrastructures éducatives et sanitaires, qui peuvent également générer des revenus. Par exemple, des écoles et des hôpitaux gérés par l'Église peuvent générer des frais de scolarité ou des paiements pour des services de santé. Des diocèses en Afrique reçoivent également un soutien financier de la part de pays développés et d'organisations catholiques internationales, qui aident à financer des projets d'infrastructure, des programmes sociaux et des initiatives de développement. Bien qu'il soit difficile de fournir un chiffre précis, des rapports indiquent que les revenus globaux de l'Église catholique en Afrique peuvent atteindre des millions de dollars par an. Par exemple, en 2015, des estimations suggéraient que l'Église catholique en Afrique générait environ 5 milliards de dollars par an, mais ce chiffre peut varier considérablement selon les contextes locaux et les conditions économiques.  Mais à qui profite tout ce financement puisque ces dons n'ont jamais développé un pays ? Une enquête de Explore Stories révèle que le saint pape possède les patrimoines immobiliers les plus impressionnants de la planète. 5.000 propriétés dans le monde, dont des paliers et des bâtiments de luxe dans des quartiers huppés à Londres, à Paris, en suisse, à Rome et plus de 70.000 objets d'art. Le Vatican a lui seul possède 737 biens à Paris pour un montant de 595,5 millions d'euros. La banque secrète du Vatican est située dans la tour appelée Nicolas 5, le même qui a béni l'esclavage . Aujourd'hui, elle est appelée banque de Dieu et elle fait un BÉNÉFICE pouvant aller jusqu'à 30,5 millions d'euros. Ajoutons que les « objets d'art », l'or, le diamant, issus du pillage colonial y sont aussi conservés. L'Afrique est le continent le plus chrétien aujourd'hui sans qu'aucun africain n'ait un patrimoine pareil. L'Institut pour les œuvres de religion, également connu sous le nom de Banque du Vatican, a réalisé un bénéfice net de 18,1 millions d'euros et disposait d'un total d'environ 2,8 milliards d'euros d'actifs, ce qui représente plus de 3 milliards de dollars après ajustement de l'inflation en 2021. 

 

 

 

 

 

“La force du néocolonialisme, c’est qu’il se cache derrière des accords hypocrites pour faire croire en une maudite normalité. Ce qui facilite l’acceptation de la colonialité.”

 

 

Touche pas à ma richesse culturelle !

C'est la racine de mon peuple.

Le révisionnisme se combat.