Luíza Mahin

Histoire de Luiza Mahin, la Femme à la Tête de la Révolte des Malês au Brésil

Bienvenue sur ce blog dédié à l’histoire africaine et aux figures oubliées de la résistance ! Aujourd’hui, nous explorons la vie extraordinaire de Luiza Mahin (ou Luísa Mahin), une femme afro-brésilienne souvent décrite comme une leader clé de la révolte des Malês en 1835 à Salvador de Bahia, au Brésil. Bien que son existence soit entourée de mystères, elle symbolise la lutte des esclaves africains contre l’oppression coloniale portugaise. Basée sur des sources fiables, cette histoire met en lumière son rôle dans l’une des plus grandes révoltes d’esclaves du Brésil. Plongeons dans son parcours.

 

Une Femme d’Origine Africaine dans un Brésil Esclavagiste

Luiza Mahin naît au début du XIXe siècle, probablement entre 1812 et 1830, soit en Afrique de l’Ouest (dans le Golfe du Bénin, actuel Bénin), soit à Bahia au Brésil. Issue de la tribu Mahi , elle est souvent présentée comme une princesse africaine ou une descendante royale, pratiquant l’islam, un détail clé pour comprendre son lien avec les Malês (terme yoruba signifiant “musulmans”). Capturée par des "Blancs" et transportée au Brésil, elle gagne sa liberté en travaillant comme vendeuse ambulante de nourriture à Bahia, une ville où les Africains représentaient la majorité de la population esclave.  

 

Au Brésil colonial, l’esclavage était brutal : des millions d’Africains étaient importés pour travailler dans les plantations de sucre et de tabac. Bahia, un centre de la traite, abritait une forte communauté musulmane africaine, influencée par les yoruba et haoussa. Luiza, intelligente et charismatique, devient une figure bien connue et respectée dans cette communauté, utilisant son commerce pour dissimuler des activités de résistance. Elle est aussi la mère de Luís Gama (1830-1882), un célèbre abolitionniste brésilien, poète et avocat qui, dans ses écrits, la dépeint comme une guerrière fière et rebelle.

  

 À la Tête d’une Insurrection Inspirée

Luiza Mahin est surtout connue pour son leadership présumé dans la révolte des Malês, une insurrection d’esclaves musulmans qui éclate dans la nuit du 24 au 25 janvier 1835 à Salvador de Bahia.    Inspirée par la révolution haïtienne (1791-1804), cette révolte vise à renverser le pouvoir colonial portugais, libérer les esclaves et établir un État islamique. Les Malês, composés d’Africains musulmans (Yoruba, Haoussa, etc.), utilisent des amulettes coraniques et des armes improvisées pour attaquer des postes de police et des casernes. 

Selon les récits, Luiza transforme sa maison en quartier général secret : elle y organise des réunions, distribue des messages codés via son commerce de nourriture, et coordonne les préparatifs. Elle est décrite comme une grande guerrière et une “amazone”, utilisant son charisme pour unir les esclaves. La révolte implique environ 600 à 1 500 rebelles, dure quelques heures et est réprimée violemment : plus de 500 morts parmi les insurgés, suivis d’exécutions et de flagellations publiques.  Bien qu’échouée, elle terrifie les autorités coloniales et influence d’autres soulèvements, comme la Sabinada (1837-1838), où Luiza est aussi impliquée. 

 

 Une Fin Mystérieuse

Après la révolte, Luiza échappe à la répression et fuit à Rio de Janeiro, où elle continue son militantisme. Arrêtée plus tard, elle est, selon certains historiens, déportée en Afrique (peut-être en Angola ou au Bénin).  Son sort exact reste incertain : certains la disent morte en exil, d’autres suggèrent qu’elle a rejoint des communautés quilombos (villages d’esclaves fugitifs). Sa vie est reconstruite à travers les écrits de son fils Luís Gama, qui la décrit comme une femme fière et rebelle, et des œuvres littéraires comme le roman Malês de Pedro Calmon (1935). 

Une Icône de la Résistance Noire et Féminine

Luiza Mahin est célébrée comme une héroïne de la résistance anti-esclavagiste et une figure féminine du panafricanisme. Son histoire, bien que semi-légendaire (basée sur des traditions orales et des archives fragmentaires), inspire des carnavals, des sambas et des mouvements noirs au Brésil. Elle symbolise la force des femmes africaines dans la diaspora, luttant contre l’esclavage et le colonialisme. Des historiens comme Amadou Ba la qualifient d’“amazone du Brésil”, soulignant son rôle dans l’émancipation noire. 

Un héritage, une Légende Vivante de la Liberté

Luiza Mahin incarne le courage des esclaves africains au Brésil, menant une révolte qui, bien qu’échouée, a semé les graines de l’abolition (1888). Son histoire nous rappelle les horreurs de la traite et la résilience des opprimés. Si vous voulez en savoir plus sur les Malês ou d’autres figures comme elle, commentez ci-dessous !

 

Source: www.autresbresil.net

 

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